2013… En route pour le « pélé » vers nos assemblées

Au début de cette année, la revue Télérama s’est posé un ensemble de questions qui peuvent nous interpeller. « A l’heure d’Internet et de l’information hystérique, avons-nous le désir de retenir le temps, de mieux le penser et d’en tirer des leçons ? » J’ajouterai : « au lieu de le vivre comme des automates - sans discernement aucun. » Et Télérama poursuit : « Pour dénicher des idées neuves, nous avons choisi les écrits de Thérèse d’Avila et de Jean de la Croix que vient d’éditer Gallimard dans la prestigieuse collection de La Pléiade. Car on sait que les grands mystiques ont la peau dure et qu’ils résistent à tout. »

Jésus était un nomade, un perpétuel itinérant sans domicile fixe, « sans un endroit où reposer sa tête », comme dit Mathieu [1]. Mais il avait des « copines » dont la porte était toujours ouverte, à lui et sans doute aux douze gaillards qui l’accompagnaient.

Joseph Eschlimann l’ancien, en exégète futé disait toujours : « ils n’avaient plus de vin à Cana parce que les douze n’étaient pas prévus. Ce sont eux qui ont vidé les « jarres » et Jésus, le maître, a compensé et récompensé le marié qui l’avait invité. » Il fallait bien valoriser le « premier » signe, afin que les douze croient en lui. Mais ceci est une explication de « païen » en gros sabots, Jean est plus subtil que cela.

Aujourd’hui le « pélé » est à la mode. Les aînés vont à Compostelle et les jeunes à Ste Odile, à Taizé, aux JMJ… Le christianisme en vadrouille, avec sac au dos et casse-croûte sur le pouce, leur convient parfaitement. Il faut aller « ailleurs » pour trouver le vrai Jésus, avec un nouveau visage, et faire ainsi de nouvelles connaissances tout en rencontrant de nouveaux copains. Du neuf, que diable !

Car Le Jésus tel qu’il est présenté dans ce qui reste de la paroisse d’antan, avec ses célébrations statiques et rigides dans leurs régularités de métronome, c’est trop ringard. Ce qui, apparemment, n’est pas faux.
Et ils sont à bonne école, nos jeunes ! Jean-Paul II fut un grand vadrouilleur. Il adorait voyager et se plonger dans les bains de foules. Benoît XVI essaie de lui emboiter les pas, mais il n’a pas la même encolure ni les mêmes enjambées. Il trottine quand même à son rythme de vieux pistard bavarois qui est toujours bien vif.

Et cette année, notre rythme à nous, les anciens routards missionnaires de la quasi première heure, nous amènera à « pèleriner » vers nos diverses assemblées où, une fois de plus, il faudrait respecter nos traditions soi-disant charismatiques… Sans nous y laisser enliser et tout en innovant avec fulgurance, pour ne pas décevoir nos jeunes « pousses » qui croient en notre avenir avec cette dynamique et cette imagination dont Brésillac nous a donné l’exemple.

Ce sera une affaire de vision – chose rare en nos jours - et de dépassement. Il faudra délocaliser nos vieilles idées et renouveler les vieilles hardes de nos habitudes éculées… Ce sera à la fois un choc de cultures et un affrontement de mentalités que j’espère fructueux et fécond, un cocktail d’ouverture et de discernement avec une rasade de créativité. C’est tout ce que je souhaite, et je confie cette entreprise SMA de 2013 à la bénédiction et au tonus de l’Esprit de Pentecôte, qui est arrivé à mettre Saül de Tarse sur orbite bien avant nous.

[1] Mt 8, 20.

Publié le 6 mars 2013 par Jean-Pierre Frey