50e anniversaire de l’arrivée au Bénin des Sœurs de la Retraite Chrétienne

Les Sœurs de la Retraite Chrétienne sont une petite congrégation diocésaine fondée en 1789 par le Vénérable Père Antoine Sylvestre Receveur, originaire de Bonnétage. Depuis leurs origines, leur maison mère et siège de la Congrégation est située aux Fontenelles, village voisin de Bonnétage, dans le canton du Russey, doyenné actuel de Morteau, dans le Haut-Doubs horloger qui fait frontière avec la Suisse.
Les sœurs des Fontenelles sont très populaires dans le Haut-Doubs horloger, où elles ont dirigé plusieurs écoles catholiques et sillonné la région comme infirmières itinérantes et visiteuses de malades. Leur établissement des Fontenelles est encore aujourd’hui un centre de rayonnement vivant. Il sert de foyer d’accueil aux sœurs anciennes qui trouvent toujours le moyen de s’adonner à quelques activités. Il comprend aussi une école primaire, et un grand collège secondaire dont une branche est vouée à la spécialisation agricole. Il sert aux récollections et à diverses rencontres de réflexion chrétienne. Les sœurs, selon leur charisme, organisent de petites retraites et accueillent des groupes locaux, réfléchissant sur certains thèmes ou situations sociales. Elles organisent aussi des pèlerinages et ont commencé la route, en étapes, vers Saint Jacques de Compostelle.

Un appel pour la mission lointaine
Dans le contexte de l’encyclique « Fidei Donum », Mgr Robert Chopard Lallier, membre de la Société des Missions Africaines, préfet apostolique de Parakou au Nord Bénin, a fait appel aux Sœurs des Fontenelles. Le 20 août 1959, une cérémonie d’adieu était organisée au « couvent » pour le départ des quatre premières sœurs qui ont été accueillies à Nikki, mission qui se trouve à la hauteur de Parakou sur la frontière du Nigeria. L’une d’entre elles, actuellement en communauté dans le midi de la France, était heureuse de participer aux cérémonies du cinquantenaire. D’autres sœurs ont suivi et se sont installées à Kandi et Banikoara. Cinquante ans après, elles sont encore huit sœurs, dont quatre béninoises, en ces deux endroits.

Un pèlerinage sur les lieux d’origine du Père Robert Chopard Lallier
Les célébrations marquant le 50ème anniversaire de l’envoi des sœurs au Bénin incluaient un pèlerinage au petit village du Chauffaud, lieu de naissance et de sépulture du père Chopard Lallier. Le Chauffaud est un petit village sur les hauteurs du Jura, juste au bord de la frontière Suisse, un peu à l’écart de l’axe routier Morteau-Le Locle-La Chaud-de-Fonds, à une trentaine de kilomètres des Fontenelles. Les sœurs ont pris place dans la belle et lumineuse petite église du village pour la prière des Vêpres, le samedi 28 novembre 2009. C’était pour elles comme une sorte de pèlerinage aux sources et pour le seul membre sma présent l’occasion de faire revivre la séduisante personnalité de Robert Chopard-Lallier. Les prêtres du doyenné, une forte délégation de la famille Chopard Lallier, dont plusieurs frères et la sœur de Robert, et un bon nombre de personnes du village et des environs avaient pris place à l’église. Ce fut un moment de recueillement et d’émotion durant lequel le riche itinéraire missionnaire du Père Robert fut retracé. Lorsqu’au début 1957 il avait pris en main la préfecture apostolique de Parakou, tel un visionnaire il avait forgé un plan d’évangélisation avec trois priorités : le clergé africain, la recherche d’autres congrégations et la formation d’une élite sociale du Nord. Et 1959, il accueille les sœurs de la Retraite Chrétienne, pour l’éducation, le soin des malades, la catéchèse, la promotion féminine, la proximité avec les pauvres. Il y avait du travail, il y à 50 ans, lorsqu’elles sont arrivées ; il y en a encore aujourd’hui… A la fin de la prière, Mgr Clet Feliho, évêque de Kandi, a dit sa joie d’être venu au Chauffaud et le merci du Bénin pour l’œuvre réalisée par Mgr Chopard Lallier.

Une grande action de grâces
Le lendemain 29 novembre, premier dimanche de l’Avent, à 11 h 45, la célébration eucharistique s’est déroulée dans la grande église du Russey, centre de l’unité pastorale St Théodore Cuenot, dont le village des Fontenelles fait partie. La chorale, comme toujours, s’était bien préparée, animant la liturgie avec enthousiasme. La foule, qui remplissait l’église jusque dans les petits coins, participait avec joie ; un petit groupe de béninois habitant Besançon ont pu exécuter un alleluia festif au rythme de leur tam-tam. La liturgie a été ouverte par Mgr Lacrampe, archevêque de Besançon, heureux d’accueillir tant de monde et de proposer à Mgr Clet Feliho de présider la liturgie.

A l’issue de la célébration, presque deux heures de grâce et de ferveur, un verre de l’amitié, « le pétillant » du Jura, a été proposé à tous les participants. Quelques 150 personnes se sont retrouvées à la grande salle à manger du collège Saint Joseph, chez les sœurs, pour le repas. Sœur Rose Marie, supérieure générale, en a profité pour présenter le groupe d’une dizaine de personnes qui s’en iront en visite au Nord Bénin le 26 décembre prochain pour une quinzaine de jours. Parmi elles, Mgr Lacrampe et le Père Jean-François Francisco, curé de l’unité pastorale. C’est le troisième groupe que Sœur Rose Marie emmène au Bénin.

Léandre Chopard Lallier, frère jumeau de Robert, a tenu à lire un texte de sa composition, racontant l’histoire du calice de Robert. Le calice, fondu à la fin de la guerre à partir de bijoux donnés par des amis et membres de la famille, a été volé au Bénin la veille du départ de Robert pour la France en 1971. Un autre calice lui a été remis par le curé du village des Gras, où il était accompagné dans sa longue maladie par sa sœur Blandine. Le calice semblait destiné à un neveu, grand séminariste, qui mourut soudainement dans un accident en 1975, à l’âge de 24 ans alors qu’il travaillait en forêt durant les vacances… Finalement, le 17 octobre 2004, le calice a été remis à la communauté des « Travailleuses Missionnaires » qui s’étaient installées dans la maison natale de leur fondateur, le Père Marcel Roussel Galle, aux Fins, village où habite actuellement Léandre.

L’après-midi de ce dimanche 28 novembre fut occupée aussi par une longue conférence de Mgr Clet Feliho sur « le visage de la jeune Église d’Afrique et les interpellations pour notre Église aînée d’Europe ». Et la journée s’est terminée, pour les plus fervents, par la célébration des Vêpres avec les sœurs de la communauté. Ils ont eu droit aux remerciements chaleureux de Sœur Rose Marie, la Supérieure Générale.

Ralliement, janvier-février, n° 1 - 2010

Publié le 2 mars 2010 par Jean-Marie Guillaume