A la mesure du pardon de Dieu

A partir des textes du 7e dimanche de l’année B, 22 février 2009 :
1e lecture : Is. 43, 18-25 ;
2e lecture : 2 Co. 1, 18-22 ;
Évangile : Mc 2, 1-12.

La liturgie d’aujourd’hui ne peut pas être plus optimiste. Les textes invitent tous à l’espérance. La miséricorde de Dieu se déploie dans le quotidien de l’homme qu’il aime d’un amour de prédilection. Le Seigneur ne nous enferme jamais dans nos fautes et nos manquements. Il ne tient pas à notre endroit un compte d’apothicaire. Sans pour autant nier les réalités qui font notre vie, il nous exhorte à porter notre regard sur ce qui peut nous aider à nous construire et à grandir : « Ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé [1]. »

Quelle que soit notre histoire, la vie ne se décline pas au passé. Elle se vit au présent. Combien de fois ne ruminons-nous pas les blessures du passé ? Nous aimons ressasser les vieilles querelles d’un autre âge, ressusciter les vieux démons, courir derrière des illusions alors que nous passons à côté de l’essentiel. Nous faisons alors le choix contre la vie. C’est en cela que le Seigneur, par le prophète Isaïe, ne cesse de nous interpeller : « Voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez-vous pas ? [2] » Les perspectives sont désormais ouvertes pour la vie. Le Seigneur nous convie à une nouvelle expérience.

En dépit de l’exil qui est vécu par Israël comme un manquement à l’égard de Dieu et une infidélité envers son amour, Dieu ne se frustre pas davantage. Il reprend l’initiative. « Pour rétablir une relation vraie, le premier pas viendra encore de Dieu lui-même : il est prêt à pardonner pour permettre la reprise d’une relation heureuse entre l’homme et Dieu où l’homme pense à s’adresser à Dieu dans la détresse et où il soit prêt à rendre grâce à Dieu pour ses bienfaits. » Il s’agit de l’amour inconditionnel de Dieu qui fait vivre. Cet amour libère des pesanteurs qui empêchent l’homme de s’épanouir car il brise le tabou des préjugés et donne à tout homme une deuxième chance.

Cette magnanimité de Dieu est bien souvent mal comprise. Jésus en a aussi fait les frais. Alors qu’il manifesta sa miséricorde et sa sollicitude à un paralysé, il fut vivement pris à partie par les scribes qui passaient pour les spécialistes de la Loi de Moïse auprès de leurs frères et sœurs : « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? [3] » On pourrait interpréter la pensée des scribes de cette manière : pour qui se prend-t-il ? Mais nous savons qui il est, un homme.

Les scribes s’offusquent que Jésus s’attribue les privilèges reconnus à Dieu seul. Pourtant l’ambition de Jésus n’est point de prendre la place de Dieu. Il affirme cependant son identité et la relation privilégiée qui le relie à Dieu le Père. Il révèle le pardon qui est un don gratuit de Dieu. Par ce geste qui tient de sa souveraine divinité, il remet l’homme debout et lui redonne confiance en lui-même. C’est pourquoi la première communauté chrétienne voyait au pardon de Dieu le don du salut et la guérison accordée par lui aux hommes.

« Mon fils, tes péchés te sont pardonnés [4]. » Ce geste de miséricorde apparaît désormais comme un programme de vie pour qui veut se mettre à l’école du Christ. Dans l’imitation de Celui qui nous pardonne, osons faire de même à l’égard de ceux qui sont paralysés par les blessures de la vie.

[1] Is 43, 18.

[2] Is 43, 19.

[3] Mc 2, 7.

[4] Mc 2, 5.

Publié le 25 février 2009 par Nestor Nongo Aziagbia