A la rencontre de Dieu

Textes : Ap. 11, 19a ; 12, 1-6a. 10ab ; 1 Co 15, 20-27a ; Lc 1, 39-56
Assomption de la Vierge Marie

L’Evangile d’aujourd’hui est truffé d’expressions relatives à la joie. Je retiendrai en ce qui me concerne les verbes tressaillir, exalter, exulter, les adjectifs heureuse, bienheureuse et le substantif allégresse. La rencontre entre les deux cousines est essentiellement cause de joie. Elle déborde le cadre des deux femmes et se communique aux enfants qu’elles portent en leur sein. Aussi Jean-Baptiste exulte-t-il de joie à la salutation de Marie à Elisabeth, comme le rappelle saint Luc dans le récit de la visitation : « Quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle [1] ».

A quoi faut-il attribuer cette joie ? Quels en sont les motifs ? Il est intéressant de noter qu’ils sont essentiellement liés à la réalisation des promesses de Dieu en faveur de l’homme. Tout comme Elisabeth, Marie le reconnaît par son attitude. Alors qu’Elisabeth déclare « heureuse, celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur [2] », Marie se considère bienheureuse parce que le Seigneur a fait pour elle des merveilles [3]. Au cœur de cette béatitude et de cette exaltation se trouve indubitablement la Parole de Dieu qui appelle l’homme à la foi. Chez l’une comme chez l’autre, cette Parole a pris chair. Elle a vaincu la stérilité d’Elisabeth et manifesté en Marie la puissance de Dieu. En effet, celle qui est vierge et n’a connu aucun homme est devenue enceinte par la grâce de l’Esprit Saint.

Cette réalisation n’est que le prélude du grand dessein d’amour que Dieu veut manifester à l’homme. C’est d’ailleurs ce que chante Marie dans le magnificat lorsqu’elle exalte la grandeur du Seigneur, chante ses bienfaits et anticipe la réalisation « de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais [4] ». Cette promesse ne concerne pas seulement la destruction des misères, l’éradication de la pauvreté et le don de l’indépendance et de la liberté. Elle implique le salut intégral de l’homme ressuscité avec le Christ. C’est le message que saint Paul adresse aux Corinthiens lorsqu’il affirme : « C’est dans le Christ que tous revivront, mais chacun à son rang : en premier, le Christ ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu’il reviendra [5] ». Au nombre de ceux qui auront la joie de participer à la résurrection du Christ, Marie vient en premier à cause de sa grande foi.

L’exaltation de la Mère du Sauveur que nous célébrons en cette solennité de l’Assomption en est la reconnaissance. Celle qui a vécu humblement en passant toute sa vie à faire la volonté du Père nous est donnée aujourd’hui en exemple. Somme toute, le message est simple : le salut est à la portée de l’homme. Il suffit pour cela de marcher dans les pas de Marie. Elle est la parfaite image de l’Eglise à venir, mais aussi des hommes et des femmes qui sont en attente de la réalisation du Règne de Dieu. En Marie, cette espérance n’est pas déçue. Car lorsque l’Eglise magnifie Marie et célèbre sa grandeur, elle anticipe dans la fragilité de chaque croyant la réalisation des promesses de Dieu, comme le proclame la voix puissante dans le livre de l’Apocalypse : « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu, et le pouvoir de son Christ [6] ! » Avec Marie, notre Mère, chantons aujourd’hui notre magnificat à Celui qui associe l’humanité à sa mort et à sa résurrection et fait partager aux hommes sa vie et sa gloire.

[1] Lc 1, 41.

[2] Lc 1, 45.

[3] Lc 1, 48b-49a.

[4] Lc 1, 55.

[5] 1 Co 15, 22-23.

[6] Ap 12, 10ab.

Publié le 16 août 2010 par Nestor Nongo Aziagbia