Appel à la sainteté

7ième dimanche du temps ordinaire
Textes : Lv 19, 1-2.17-18 ; 1 Co 3, 16-23 ; Mt 5, 38-48

Quand on parle aujourd’hui de sainteté, on pense davantage à une longue liste d’hommes et de femmes qui ont été déclarés bienheureux. Nous portons tous à notre baptême le nom d’un de ces illustres personnages en qui l’Église reconnaît la grâce de Dieu dans la fragilité humaine. Tel est le motif que reprend une des préfaces de la messe en l’honneur des saints : « Père saint, Dieu éternel et tout-puissant, tu es glorifié dans l’assemblée des saints : lorsque tu couronnes leurs mérites, tu couronnes tes propres dons [1] ». Toutefois, au regard des exigences et des critères établis pour décerner ce titre, il est fort à parier que beaucoup de candidats potentiels resteront à jamais dans l’ombre. Ils ne pourront en aucun cas prétendre au livre d’or, ni être publiquement invoqués.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la sainteté n’est pas une affaire de politique vaticane, ni de déclaration papale après une longue procédure à la Congrégation pour la cause des saints. Elle est davantage une question de relation intime avec le Seigneur, qui invite les hommes à reproduire dans leur comportement de tous les jours les dispositions d’amour, de bonté, de justice, de droiture et d’honnêteté les uns à l’égard des autres. Devenir saint, c’est aspirer à ce qui caractérise fondamentalement Dieu dans la perfection de son être et participer à sa vie divine. L’homme se conforme ainsi en toutes choses à la sainteté de Dieu. Telle est la loi que le Seigneur donne à l’assemblée des fils d’Israël :

« Tu n’auras aucune pensée de haine contre ton frère. Mais tu n’hésiteras pas à réprimander ton compagnon, et ainsi tu ne partageras pas son péché. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur [2] ! »

Le modèle à reproduire n’est autre que Dieu. En ce sens, la sainteté est l’expression de l’amour pratique dont vivent les croyants. Ils en témoignent les uns envers les autres. Cette sainteté exige en effet un comportement moral qui va jusqu’à aimer son prochain comme soi-même. Pour cela, point n’est besoin d’attendre le ciel : la sainteté se vit dans l’aujourd’hui de notre vie et dans les différents choix que nous ne cessons d’opérer. Au-delà de l’exigence d’un code rituel auquel il faut satisfaire, elle renvoie plutôt l’homme à la constance et la fidélité totale en son engagement baptismal.

La question peut alors se poser : à quoi reconnaît-on la sainteté ? Quels en sont les critères ? Dans l’optique de la fidélité, disons qu’elle ne relève pas du sensationnel. Ce n’est pas un acte qui vise à éblouir, ni un comportement qui tend à séduire. Il suffit de s’appliquer avec amour et abnégation dans les petites choses qui dépendent de nous. C’est ainsi que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus s’était donné comme mission de passer son ciel à faire du bien sur la terre. Qui que nous soyons, quoi que nous fassions, ayons toujours conscience que nous sommes habités par la grâce de Dieu, comme le rappelle saint Paul aux chrétiens de Corinthe : « N’oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous [3] ».

En conformité à la vocation à laquelle le Seigneur appelle tous ses enfants, la sainteté exige que chacun promeuve la culture de la vie en luttant contre le mal. Telle est l’exhortation que Jésus nous adresse dans l’évangile de ce 7ième dimanche ordinaire : « Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait [4] ».

[1] Missel Romain, Préface des saints.

[2] Lv 19, 17-18.

[3] 1 Co 3, 16.

[4] Mt 5, 48.

Publié le 21 février 2011 par Nestor Nongo Aziagbia