Appelés à devenir lumière de Dieu au cœur du monde

Baptême du Seigneur
Textes : Is 42, 1-4.6-7 ; Ac 10, 34-38 ; Mt 3, 13-17

Le baptême de Jésus s’inscrit dans le long processus d’autorévélation de Dieu aux humains. Au delà de toute considération de classe sociale, Il fait briller sa gloire aux yeux des bergers et les invite à aller à sa rencontre. Aussi les délaissés, les abandonnés et les laissés-pour-compte de nos sociétés retrouvent-ils avec Jésus leur dignité d’enfants de Dieu. Ce processus se déploie davantage encore en se manifestant aux nations à travers la visite des mages venus d’Orient. La Bonne Nouvelle apportée par le Messie ne s’adresse pas uniquement à un peuple particulier. Elle concerne tous les hommes, comme le rappelle l’intervention de Pierre chez un centurion de l’armée romaine à Césarée : « En vérité, je le comprends : Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l’adorent et font ce qui est juste… C’est lui, Jésus, qui est le Seigneur de tous [1] ». En effet, cette Bonne Nouvelle se propose à toute personne qui marche dans la lumière du Seigneur et se laisse guider par elle. Cette lumière et ce guide sont en réalité Jésus, le Fils de Dieu. C’est l’événement que nous célébrons aujourd’hui dans le baptême du Seigneur.

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour [2] ». Cette désignation par laquelle la voix céleste fait connaître Jésus rappelle, en d’autres circonstances, la présentation du Serviteur du Seigneur dans le livre du prophète Isaïe : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j’ai mis toute ma joie. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; devant les nations, il fera paraître le jugement que j’ai prononcé [3] ». Cette déclaration du Seigneur a l’avantage d’être claire. Elle ne souffre d’aucune ambiguïté car elle consacre le choix de celui qui apporte le salut de Dieu à son peuple.

En dehors des liens intangibles de filiation qui unissent le serviteur à Dieu, la déclaration insiste sur le caractère électif de cette personne et l’auguste mission qu’elle doit désormais accomplir au nom du Seigneur. Le serviteur est mandaté à faire paraître le jugement de Dieu. Il est le gage de son amour et de sa présence auprès des hommes, il en est le signe et la lumière.

Appelés à perpétuer cette présence, les baptisés en Jésus Christ sont aujourd’hui les signes de l’Alliance que Dieu établit avec les hommes. Alors que l’Eglise célèbre le baptême du Seigneur, chaque baptisé doit saisir l’occasion de réfléchir au sens et aux implications du sacrement qu’il a reçu. Bien que baptisés dans la foi de leurs parents en étant bébés, les chrétiens se sont approprié cette démarche. A quoi le baptême les engage-t-il ? Telle est la véritable question à laquelle chacun est tenu de répondre en conscience. Dans la perspective de la mission que le prophète Isaïe reconnaît au serviteur, les baptisés sont exhortés à manifester la sollicitude de Dieu envers les hommes, à sympathiser avec les captifs, à raviver l’espérance chez les cœurs blessés, à devenir le soutien des faibles et des petits... En un mot, à rayonner de la fidélité de Dieu, qui ne faillit jamais à ses promesses. Jésus engage donc les baptisés à s’impliquer résolument, à tous les niveaux, dans l’œuvre de libération. Nous sommes ainsi associés à l’unique mission du Fils : faire connaître le Père dans l’amour qu’il ne cesse de manifester à tout homme. Tandis que nous faisons mémoire de son baptême, que soient renforcés en nous la joie de nous savoir aimés et l’élan pour en témoigner.

[1] Ac 10, 34-35.36b.

[2] Mt 3, 17.

[3] Is 42, 1.

Publié le 10 janvier 2011 par Nestor Nongo Aziagbia