Attendre le jour du Seigneur en bons serviteurs

33ième dimanche ordinaire
Textes : Ml 3, 19-20a ; 2 Th 3, 7-12 ; Lc 21, 5-19

« Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme une fournaise… Mais pour vous qui craignez mon Nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement [1] ».

Il se dégage de ce message du prophète Malachie un constat qui prend l’allure d’une mise en garde alors qu’il ouvre en même temps une perspective positive. Que reste-t-il des merveilleuses histoires qui chantaient la splendeur et la puissance de Dieu en faveur d’Israël ? Les promesses jadis faites aux patriarches semblent tombées dans les oubliettes du passé. Rien ne se fait. C’est le désenchantement complet. Les attentes sont déçues : le retour de l’exil à Babylone, puis la reconstruction du Temple, n’ont pas amené le bonheur annoncé et le temps de la justice parfaite. L’injustice et l’iniquité prolifèrent. Aussi le peuple vit-il dans l’inquiétude. Tel est l’amer constat que les hommes font de leur société. Confrontés à l’incertitude et au doute, beaucoup sont sur le point d’abandonner le Seigneur car il ne tient pas ses promesses. Alors pourquoi continuer à croire et à espérer en lui ? Pour le juste, la désillusion est à son comble : « Servir Dieu n’a pas de sens, pense-t-il. A quoi bon garder ses préceptes, mener une vie sans joie en présence du Seigneur de l’univers ? Nous en venons à déclarer heureux les arrogants ; même ceux qui font le mal sont prospères ; même s’ils mettent Dieu à l’épreuve, ils s’en tirent [2] » !

En dépit de cette attitude qui tend au défaitisme, Jésus exhorte ses disciples à ne jamais succomber à la tentation de tout peindre en noir. Le fondamentalisme rend assez facilement compte des catastrophes naturelles, des épidémies, des famines, des guerres et des soulèvements par la manifestation de la colère de Dieu. Sans trop minimiser leur portée, ces événements restent tout de même historiques et cosmiques. Quelque terrifiants qu’ils soient, ils ne peuvent en aucun cas faire ombrage au dessein d’amour que Dieu manifeste à ses enfants. C’est en cela que nous rejoignons l’autre aspect du message du prophète Malachie, celui de l’espérance sur l’avenir.

Dans ce contexte, le « jour du Seigneur » ne saurait être ramenés exclusivement à la manifestation du jugement et la condamnation des méchants. Il est avant tout une œuvre de miséricorde et de justice. Il apporte la guérison et le bienfait de Dieu à ceux qui le servent fidèlement. Dans la tradition prophétique, le Jour du Seigneur signifie le jour final où la vérité des choses et des comportements est révélée. Chacun est renvoyé à la vérité de sa vie et mis devant ses choix et ses responsabilités humaines.

Certaines sectes se prévalent d’entretenir la peur chez des hommes et des femmes qui appréhendent l’avenir. Loin de ces surenchères, Jésus nous rappelle que la vie éternelle est déjà commencée dans l’existence de chaque jour que nous recevons de sa grâce. Certes, nous sommes ébranlés, mais notre confiance en Dieu demeure inébranlable. Elle fait de nous de bons serviteurs et des témoins qui cherchent à imiter en toute chose le Christ, dans leur foi et dans leur vie. En effet, c’est dans la fidélité que nous trouverons notre joie.

[1] Ml 3, 19a.20a.

[2] Ml 3, 14-15

Publié le 15 novembre 2010 par Nestor Nongo Aziagbia