Au-delà de la peur

33ième dimanche ordinaire (B)
Textes : Dn 12, 1-3 ; Hb 10, 11-18 ; Mc 13, 24-32.

Quel regard portons-nous sur le monde dans lequel nous vivons ? Quel esprit nous anime-t-il en face des réalités qui nous environnent ? Rares sont les reportages qui mettent en valeur le côté positif de l’expérience humaine. Tout semble être négatif. Le pessimisme semble avoir pris le pas sur l’optimisme. L’homme est ainsi poussé au bord de la déprime. Il suffit de parcourir les journaux et d’être attentif aux informations qui sont données à la télévision et à la radio pour s’en rendre compte. Nous sommes à longueur de journée saturés par les échecs et les difficultés de la vie. On ne cesse de parler de catastrophes naturelles (tsunami, ouragans, sécheresse), de crise économique et de montée galopante du chômage, de guerres qui ravagent des nations et mettent à la rue de nombreuses familles, de grippe A qui se répand de manière pandémique et inquiète les autorités sanitaires au niveau mondial. La liste est certes longue mais, ce qui est sûr, c’est que cette litanie macabre n’est pas de nature à rassurer l’homme.

Certains voient en ces événements les conséquences de l’infidélité de l’homme à Dieu et par conséquent la juste rétribution pour ses péchés. Dieu manifesterait ainsi sa colère contre l’homme et il le lui ferait savoir par les cataclysmes naturels : Car ce sera un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent [1]. L’évangile explicite, quant à lui, la nature de ces malheurs qui s’abattront sur l’homme : l’obscurcissement du soleil, la perte d’éclat de la lune, la chute des étoiles du ciel et l’ébranlement des puissances célestes. Cette sinistre description ne peut qu’inspirer doute et crainte. Evidemment ce n’est pas à la lecture de ces pages que l’homme va retrouver la sérénité dont il a besoin. Bien au contraire.

Et pourtant, le genre apocalyptique dans lequel sont décrits tous ces événements est un procédé littéraire qui n’annonce pas des catastrophes, mais plutôt la révélation de Dieu. Il s’agit essentiellement du dévoilement du dessein de Dieu en faveur de l’homme. C’est le triomphe de l’amour de Dieu pour les hommes et la transformation de la condition humaine ou le revirement de la situation initiale. C’est le passage du désespoir à l’espérance, de la mort à la vie. L’homme est ainsi appelé à vivre en confiance puisqu’il est porté par l’amour de Dieu. En ce sens, la souffrance n’est pas ultimement une occasion de déprime et de déchéance humaine, mais plutôt une invitation à vivre de l’amour de Dieu, qui n’abandonne jamais ses enfants et se tient à leurs côtés en tout temps, dans les moments d’adversité comme dans ceux de joie. En ce temps-là, promet le Seigneur à Daniel, viendra le salut de ton peuple, de tous ceux dont le nom se trouvera dans le livre de Dieu [2] ». Aussi, dans le malheur qui s’abat sur l’homme et l’étouffe dans ses soucis primaires, la voix du Seigneur se fait-elle entendre avec force et beaucoup de conviction. Elle apporte à l’homme l’oxygène dont il a besoin pour se renouveler.

En tant que croyants, nous avons le devoir de témoigner de notre foi en toute circonstance. C’est justement dans les événements qui nous bousculent et dans les grandes épreuves que nous devons libérer l’espérance qui nous habite. Vivre de l’espérance, c’est rester positif en dépit des difficultés du moment, confiant que le Seigneur chemine avec nous. Telle est la foi qui nous anime et qui nous mène de la tristesse à la joie, de la peur à la confiance, de la mort à la vie en Jésus Christ.

[1] Dn 12, 1b.

[2] Dn 12, 1c.

Publié le 23 novembre 2009 par Nestor Nongo Aziagbia