Beaux et raffinés - Textiles d’Afrique de l’Ouest
Article mis en ligne le 25 mars 2010
dernière modification le 26 juillet 2020

par Valérie Bisson

Le Musée des Cultures de Bâle présente, jusqu’en mai 2010, une exposition sur les textiles d’Afrique de l’Ouest [1]. Cette présentation a pour point de départ l’expédition effectuée entre octobre 1973 et février 1975 par Renée Boser-Sarivaxévanis (1921–2004), à l’époque conservatrice de la section Afrique du musée, et Bernhard Gardi, l’actuel conservateur. Ils avaient alors sillonné durant seize mois les régions entre Lagos et Dakar, afin d’étudier les techniques de tissage traditionnel en Afrique.

Tissus du Mali, 1974.

Pagne fabriqué à Dyula (Côte d'Ivoire), vers 1960.

Le musée dévoile aujourd’hui l’extraordinaire force esthétique de l’art du tissage africain, un aspect de la culture africaine très rarement montré au public. Sa collection, constituée de manière systématique vers le milieu des années 1970, est exceptionnelle. Elle regroupe en effet plus d’un millier de documents textiles achetés sur des marchés publics. Cela ne serait plus possible de nos jours car les étoffes tissées sont de plus en plus supplantées par les textiles imprimés et l’art du tissage classique est devenu rare.

Tisserande au Nigeria, en mai 1974.

Tissu peuhl, Mali, vers 1980.

L’exposition est centrée sur des textiles d’usage courant originaires du Mali, du Nigeria, de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Chacune des pièces exposées, qu’elle soit en coton, laine ou soie, qu’il s’agisse de vêtement, nappe ou couverture, est un véritable objet d’art et possède un caractère original. Les techniques de tissage et d’impression sur étoffe d’Afrique de l’Ouest sont nombreuses et leurs résultats en sont d’autant plus disparates. C’est également une tradition très ancienne : un voyageur danois relevait en 1730 l’existence de nombreux ateliers où les hommes tissaient des bandes de coton blanches, bleues ou rouges qui étaient ensuite assemblées. C’est le kita, ou kente, pagne royal fait de bandelettes cousues ensemble, et c’est bien dans les cours royales que vont se développer et s’affiner les différentes techniques, ainsi que la renommée de chaque pays. Les textiles exposés n’ont certes pas été confectionnés en tant qu’objet d’art au sens où nous l’entendons, mais ils séduisent par leur expressivité et leur qualité artistique.

Tissu fabriqué vers 2000 par Ouma Bocoum, tisserand du Mali.

Tissu fabriqué en 1974 par Hamadoun Daou, tisserand à Niafounké (Mali).

Pour Bernhard Gardi, qui a contribué pour une part déterminante à la constitution de cette collection, cette présentation est en même temps une exposition d’adieu. En effet, conservateur depuis longtemps du département Afrique, il va prochainement prendre sa retraite. L’exposition s’accompagne d’un programme varié comptant visites guidées, conférences, débats, histoires sur les étoffes, ateliers ainsi que des activités spécialement conçues pour les groupes scolaires. Un univers à découvrir absolument !

Rouleau de tissu fabriqué à Bamako (Mali), en mai 2009.

Terre d’Afrique, mars 2010