Charles de Foucauld. Un itinéraire passionné…

Né à Strasbourg le 15 septembre 1858, Charles de Foucauld aura une soeur, Marie, de trois ans sa cadette. Les enfants perdent leurs parents en 1864 et sont confiés au grand-père maternel, le colonel de Morlet. Après la défaite de 1870, la famille se réfugie à Nancy. Charles y fait ses études secondaires, puis les continue à Paris. Renvoyé de l’école Ste-Geneviève pour paresse et inconduite en 1975. Il a déjà perdu la foi [1].

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Plaque commémorative, Place Broglie à Strasbourg.
Photo M. Heilig

Vie militaire et voyages d’exploration (1876-1886).

Admis à Saint Cyr en 1876. A la mort de son grand-père, en 1878, Charles perd toute retenue morale et joie de vivre. Il dilapide son héritage dans une vie de noceur. Sort dernier de l’école de Cavalerie de Saumur en 1879. Son régiment est affecté en Algérie en 1880. Charles est mis à pied et revient vivre en France. Apprenant que son régiment est envoyé dans le sud oranais, il demande sa réintégration. Il s’illustre par un comportement d’officier généreux et attentif à ses hommes. Il apprend l’arabe et quitte l’armée par goût des voyages.

En 1883-84, déguisé en rabbin, il parcourt clandestinement le Maroc, où aucun Européen n’est encore entré [2]. Il voyage ensuite dans les oasis du sud algérien et tunisien. Partout, Charles est frappé par la foi des musulmans, et leur rencontre réveille en lui un sentiment religieux. De retour à Paris, il rédige Reconnaissance au Maroc. Il vit sobrement et, s’interrogeant sur la vérité, il a cette brûlante prière : Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse.

Conversion et vie religieuse (1886-1900).

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Frère Charles de Jésus.
Photo Archives de postulation à la béatification

La rencontre avec l’abbé Huvelin, qui l’invite à se confesser et à communier immédiatement, est un choc pour Charles. Il fait alors l’expérience de Dieu et ne désire vivre que pour lui. Fin 1888, il part en Terre Sainte : à Nazareth, il se sent appelé à vivre la vie cachée de l’humble et pauvre ouvrier de Nazareth. Il pense déjà à la vie religieuse. Il rejoint la Trappe de N.-D. des Neiges en 1890 et, quelques mois plus tard, celle, plus pauvre encore, d’Akbès, en Syrie. En 1897, on le laisse libre de suivre sa vocation. Retour Nazareth. Il s’engage comme domestique des Clarisses et vit dans une cabane près de leur clôture [3]. Il y reste un peu plus de 3 ans, puis rentre à N.-D. des Neiges pour se préparer à devenir prêtre. Ordonné à Viviers (Ardèche) le 9 juin 1901.

En Algérie (1901-1916).

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A Tamanrasset.
Photo Archives de postulation à la béatification

Charles comprend que, pour être avec Jésus, il doit se rendre proche des plus abandonnés. Il s’établit en 1901 à Beni-Abbès où il voudrait fonder une communauté. Il commence aussi à s’élever contre l’esclavage [4]. Lors d’une tournée chez les Touaregs, en 1904, il apprend leur langue et traduit l’Évangile. Aucun prêtre avant lui n’a pénétré dans le Hoggar, mais il s’installe à Tamanrasset en 1905 [5]. Il entreprend un énorme travail sur la langue et la poésie des Touaregs. Bien qu’il soit le seul chrétien et qu’on lui interdise de célébrer l’Eucharistie [6], il choisit de rester parmi eux mais il tombe gravement malade en 1908. Malgré la sécheresse, les Touaregs le sauvent en partageant le peu qu’ils ont. Impuissant, dépendant de ses voisins, il réalise que l’amour des frères passe par l’échange et la réciprocité. Il présente en France son projet d’une « Union des frères et soeurs du Sacré-Cœur », association de fidèles pour la conversion des infidèles [7]. En 1914, la guerre éclate en Europe ; Charles décide de rester à Tamanrasset. La région est agitée. Il construit un fortin pour protéger les populations. Le 1er décembre 1916, des Touaregs sous influence senoussiste s’emparent de lui. Des militaires arrivent à l’improviste pendant le pillage. Dans l’affolement, Charles est tué. On l’enterrera près du fortin avec les militaires tombés en même temps que lui.

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Charles de Foucauld.
Photo Archives de postulation à la béatification

La Famille spirituelle de Charles de Foucauld.

Près de 15 000 membres suivent aujourd’hui la spiritualité de Charles de Foucauld. L’Association Famille Spirituelle Charles de Foucauld comprend 19 groupes qui, selon leur origine et leur histoire, ont en commun les grandes orientations de Charles de Foucauld, dans l’esprit de Nazareth. Outre une foule de renseignements sur leur fondateur, on pourra les rencontrer sur leur site Internet général, un site très instructif où l’on trouvera les coordonnées des différentes maisons. Et aussi une importante bibliographie sur Charles de Foucauld.

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Membres de la Famille Spirituelle de Charles de Foucauld.
Photo Famille Spirituelle CF

Par exemple, les Petites Sœurs de Jésus se présentent ainsi sur leur site Internet, qui est fort bien fait et très agréable à consulter :
Qui sommes-nous ? Des femmes consacrées à Dieu, contemplatives au milieu du monde, de diverses nationalités, en esprit d’unité, et vivant en petites fraternités. Nous sommes sur les 5 continents, dans des cultures et des peuples différents, de préférence avec ceux qui n’ont aucun moyen de puissance, mais bien d’autres richesses. En partageant la vie ordinaire de ceux qui nous entourent, nous découvrons avec eux la tendresse de Dieu pour tous. Que vivons-nous ? Une expérience de Dieu au quotidien, dans la rencontre de celui qui est différent, d’une autre culture, ou religion... en partageant la vie de nos frères et soeurs de partout...
Le site Internet des Petites Sœurs de Jésus

Yves Meyer fait partie des Petits Frères de l’Evangile de Charles de Foucauld, une petite congrégation fondée en 1956 par le P. Voillaume : Je vis actuellement en fraternité à La Roque d’Anthéron, entre Salon de Provence et Aix, avec trois autres frères ; notre vie repose sur une triple relation, relation à Dieu, relation à l’autre comme à un frère, une sœur, relations vécues dans le quotidien des gens simples qui doivent gagner leur croûte chaque jour, se laisser déranger… et pour nous en accueillant des personnes pour des temps de retraite et de partage.

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Dans le Hoggar.
Photo Archives de postulation à la béatification

Écrit grâce à l’aide inappréciable des pages Internet des Fraternités de Charles de Foucauld.

Terre d’Afrique juin 2009

[1] « Je m’éloignais de plus en plus de vous, Seigneur. Toute foi avait disparu de ma vie ». (Retraite Novembre 97.)

[2] Cette exploration lui vaut la médaille d’or de la Société Française de Géographie en 1885.

[3] « J’obtins la permission de me rendre seul à Nazareth et d’y vivre inconnu, en ouvrier, de mon travail quotidien. Solitude - prière - adoration - méditation de l’Évangile - humble travail ».

[4] Il rachètera lui-même plusieurs esclaves.

[5] « Mon apostolat doit être l’apostolat de la bonté. En me voyant on doit se dire : puisque cet homme est si bon,.sa religion doit être bonne ». (1909).

[6] Après 6 mois, on lui permettra de célébrer seul, mais pas de garder le Saint Sacrement.

[7] « De fervents chrétiens de toutes conditions capables de faire connaître par leur exemple ce qu’est la religion chrétienne, et de faire « voir » l’Evangile dans leur vie ».

Publié le 18 juin 2009 par Marc Heilig