Dieu se révèle aux hommes

Epiphanie du Seigneur
Textes : Is 60, 1-6 ; Eph 3, 2-3a.5-6 ; Mt 2, 1-12

L’Eglise célèbre aujourd’hui la solennité de l’Epiphanie du Seigneur. L’étymologie grecque du mot renvoie à la manifestation de la puissance divine : Dieu se rend visible aux hommes et se donne à voir comme un père plein de tendresse. Cette manifestation s’inscrit dans le temps. Sans vouloir remonter l’histoire du salut jusqu’à ses origines, considérons ce processus à partir de l’événement Jésus-Christ.

Dieu a fait connaître ses desseins de différentes manières. Par l’annonce de l’ange, Marie a été informée du projet de Dieu qui a posé sur elle son regard d’amour et a fait d’elle la mère de son Fils. Ce dessein de Dieu ne saurait souffrir d’aucune contradiction humaine, aussi Joseph fut-il averti en songe de prendre chez lui Marie, son épouse. Au-delà de ces deux protagonistes immédiats, la manifestation divine a aussi profité aux bergers. Notons que ces derniers avaient un statut particulier au sein de la société juive et n’étaient pas considérés comme des citoyens à part entière. Dieu, toutefois, ne s’est pas enfermé dans des formalismes humains et leur fit annoncer la Bonne Nouvelle par les anges. Aux bergers qu’on méprisait parce qu’ils exerçaient un métier mal considéré, aux hommes qu’on accusait d’être des voleurs, le Seigneur a dévoilé son visage d’amour. Cette manifestation de la grâce et de la bonté de Dieu transcende les frontières d’Israël et s’offre à tout homme qui cherche la vérité. Saint Paul le rappelle d’ailleurs aux Ephésiens : « Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile [1] ».

Nous voyons dans les mages l’image de ces païens qui sont associés à la promesse de Dieu. Sa bonté ne connait aucune contrainte et se répand chez tous les peuples. Au-delà des différents critères que nous élaborons et des barrières que nous érigeons, il ne fait aucune distinction entre les hommes. C’est le sens de l’événement que nous célébrons à l’Epiphanie : Dieu se fait connaître de tous, accepte ceux qui suivent son étoile et se laissent illuminer par sa radieuse lumière.

La célébration de l’Epiphanie nous inscrit au cœur de la manifestation de son amour envers les hommes. Cette révélation se veut une invitation à marcher à la suite du Seigneur et à l’accueillir. L’homme peut cependant choisir de ne pas marcher vers cette lumière, mais de demeurer dans les ténèbres. Une attitude de refus par laquelle le monde se ferme à la bienveillante grâce de Dieu, et que saint Jean condamne au commencement de son Evangile : « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, lui par qui le monde s’était fait, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu [2] ».

Aussi importante que soit la gloire de Dieu, l’essentiel, en ce qui concerne cette solennité, demeure la reconnaissance du Seigneur dans chaque visage qui nous entoure. Au-delà des cloisons artificiellement érigés sur des critères de race, de grandeur ou de fortune, l’étoile nous engage dans une aventure où nous nous situons dans un vis-à-vis d’amour avec Jésus-Christ. L’Epiphanie nous ouvre ainsi à la dimension fondamentale de la fraternité. Par notre attachement à l’unique Dieu qui nous rassemble en son peuple et fait de nous ses enfants, nous apprenons à avancer sur les chemins de la vie, dans le respect des différences qui nous caractérisent. Accueillons aujourd’hui cette étoile qui allume en nos vies une clarté nouvelle.

[1] Eph 3, 6.

[2] Jn 1, 9-11.

Publié le 3 janvier 2011 par Nestor Nongo Aziagbia