Famille, Eglise domestique

Sainte Famille (c)
Textes : 1 S 1, 20-22.24-28 ; 1 Jn 3, 1-2.21-24 ; Lc 2, 41-52

A quoi pensons-nous lorsque nous célébrons la sainte famille de Jésus, Marie et Joseph ? Autrement dit, en quoi la sainte famille se distingue-t-elle des nôtres ? De prime abord, la sainte famille de Nazareth est une institution sociale comme toute autre. Elle a néanmoins reçu de la bonté divine une grâce spécifique qui lui permet d’être la vitrine de l’amour de Dieu auprès des hommes. Certes la main de Dieu semble être trop visible dans sa constitution : le choix de Marie, l’annonce de la naissance de Jésus par l’ange Gabriel à Marie et à Joseph. Toutefois Marie et Joseph n’ont pas été épargnés par les défis relatifs aux devoirs de tout parent. Ils ont assumé avec abnégation leur responsabilité à l’égard de l’enfant Jésus. Ils ont porté dans leur cœur le souci de son bien-être et de sa sécurité selon l’épisode de la disparition de Jésus dont saint Luc rend compte dans l’évangile d’aujourd’hui : « Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher [1] ». Rappelons par ailleurs qu’en dépit de la grâce divine, Marie et Joseph ont souffert conformément à la prophétie de Syméon. Les affres d’un exil injuste auxquels ils étaient soumis en est bien la preuve.

Même si le destin de cet enfant les a dépassés, Marie et Joseph se sont bien occupés de Jésus et de son éducation : « Jésus descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis [2] ». Par sa naissance dans la famille de Marie et de Joseph, Jésus a fait de la famille humaine l’incarnation de l’amour de Dieu pour les hommes. C’est pourquoi la famille est considérée comme la manifestation du mystère de l’Eglise, comme communion d’amour et de grâce. Aussi le Concile identifie-t-il la famille humaine à l’Eglise domestique : « Dans ce qu’on pourrait appeler l’Eglise domestique, les parents doivent par la parole et l’exemple être les premiers à faire connaître la foi à leurs enfants et ils doivent cultiver la vocation de chacun d’entre eux, spécialement la sainte vocation [3] ». Telle est la mission qui incombe désormais à chacune de nos familles chrétiennes : témoigner de l’amour de Dieu dans la fragilité humaine qui nous ébranle.

Nombreux sont les défis auxquels nos familles sont aujourd’hui confrontées : difficultés de communication, blessures sentimentales, rancœurs, souffrances de toute sorte qui aboutissent parfois au divorce. L’équilibre de la famille est ainsi mis en jeu et le bien-être des membres est aussi sacrifié. Par ces luttes intestines où chacun privilégie de manière égoïste son intérêt personnel, l’institution du mariage en tant qu’alliance de Dieu avec l’humanité sauvée est vidée de tout son sens. Ces difficultés, aussi réelles soient-elles, ne doivent pas nous faire oublier le but que le Seigneur nous a assigné, celui de témoigner de son amour dans le quotidien de nos relations. Nous ne pouvons réaliser avec succès cette mission que dans le respect des grands principes de la morale domestique qui sont : tendresse, bonté, douceur, humilité, pardon mutuel et support commun. C’est de cette manière que nous témoignons, comme le rappelle saint Jean dans sa première lettre, de l’amour de Dieu et manifestons notre fidélité à son commandement : « Avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé [4] ». Imiter la sainte famille de Nazareth, c’est rayonner, au-delà de la fragilité humaine qui caractérise tout homme, l’amour de Dieu le Père qui permet à chacun de ses enfants de grandir, comme Jésus, « en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes [5] ».

[1] Lc 2, 45

[2] Lc 2, 51a.

[3] Lumen Gentium n° 11

[4] 1 Jn 2, 23

[5] Lc 2, 52

Publié le 28 décembre 2009 par Nestor Nongo Aziagbia