Fidélité à la Parole de Dieu

6ième Dimanche de Pâques
Textes : Ac 15, 1-2.22-29 ; Ap 21, 10-14.22-23 ; Jn 14, 23-29

« Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui [1]. »

Le Christ donne un commandement nouveau à ses disciples. Il les exhorte à demeurer dans la fidélité en son amour. Cet amour est une école de vie, un processus qui plonge l’homme dans une relation d’intimité avec le Seigneur. Aussi l’amour dont il est question sort-il de toute construction théorique. Du point de vue du croyant, il se vérifie dans sa fidélité à la Parole de Dieu. C’est alors qu’on peut parler de la conformité à la volonté du Seigneur.

Qu’entend-on par la volonté du Seigneur ? La réponse à cette question est loin de faire l’unanimité. Pour certains, c’est l’obéissance et la soumission à des codes de conduite et à des traditions qui remontent aux ancêtres. C’est au nom de ce principe immémorial qu’un groupe de chrétiens venus de Judée voulait imposer la circoncision aux frères de l’Eglise d’Antioche. Ces chrétiens issus du judaïsme évoquent l’autorité de Moïse pour justifier leur légalisme. Ils semblent ne pas concevoir la vie chrétienne sans ce signe d’alliance en Abraham, essentiel à la Loi de Moïse. En effet, pour le Juif, la circoncision n’est pas seulement une marque indélébile dans la chair du croyant. Elle est davantage le signe d’appartenance au peuple de l’Alliance. Aussi l’homme s’engage-t-il à suivre le Seigneur et à devenir son partenaire dans le respect réciproque.

Pour garantir le strict respect de la Loi de Moïse, des chefs religieux n’ont pas hésité à élaborer des préceptes, des lois et des traditions qui sont transmises de génération en génération. Il apparaît malheureusement que les mises en garde du Christ restent bien lointaines de nos préoccupations. Nous continuons à reproduire les mêmes erreurs que par le passé, à légiférer et à interpréter la loi avec froideur, sans cœur et sans compassion ! Il est écrit… il fallait… il n’y a qu’à… Ce souci constant de préservation de la loi dans toute sa pureté a parfois oblitéré l’initiative de l’esprit qui a inscrit la nouvelle alliance dans le cœur des hommes. La rigueur de cette loi en a fait un obstacle quant au plein épanouissement de l’homme. C’est dans un tel contexte de polémique que Jésus rappelait à ses détracteurs que « le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat [2]. » En passant du régime de la loi à celui de l’amour, ce qui importe désormais est l’adéquation de nos convictions avec ce que le Seigneur attend de nous. Il s’agit de sortir de la logique du paraître pour vivre en vérité devant Lui. C’est pourquoi Paul et Barnabé se sont farouchement opposés à la pratique de la circoncision en tant que rite extérieur qui n’engage pas davantage celui qui s’y soumet. Loin de constituer un cadre hermétique où l’homme s’enferme sans issue, la véritable loi fondée sur l’amour de Dieu et du prochain participe à l’épanouissement de ce dernier.

Dans cette perspective, la question d’appartenance au peuple de Dieu ne se pose plus en termes de strict respect à une quelconque loi. C’est plutôt une relation d’intimité dans laquelle l’homme se développe à l’aune de l’amour de Dieu. Il est du reste intéressant de remarquer que les recommandations qui sont faites aux chrétiens d’origine païenne de l’Eglise d’Antioche n’insistent guère sur la circoncision. La priorité n’est plus l’observation d’un précepte à la lettre. Ce qui importe dorénavant, c’est de vivre dans la dynamique de l’Alliance qui indique un chemin pour vivre ensemble en véritables partenaires qui se respectent pleinement. Sous l’impulsion de l’Esprit Saint qui guide nos pas et nous ouvre à l’accueil de tous, sortons de nos ornières et laissons-nous interpeller par le Christ. Il nous invite à l’amour vrai, et cet amour ne fait pas de différence entre les hommes, mais les rassemble en un seul peuple.

[1] Jn 14, 23

[2] Mc 2, 27

Publié le 10 mai 2010 par Nestor Nongo Aziagbia