Fidélité au Dieu unique

A partir des textes du 21ième dimanche ordinaire de l’année B, 23 août 2009.
Textes :
Jos 24, 1-2a.15-17.18b ;
Eph 5, 21-32 ;
Jn 6, 60-69.

On se souvient des multiples rébellions du peuple d’Israël contre Dieu et son serviteur Moïse. Les enfants d’Israël ne se satisfont de rien. Ils ne cessent de récriminer contre le Seigneur. Pour un oui ou pour un non, ils trouvent toujours à redire. Dans son agacement, le Seigneur a dû parfois laisser libre cours à sa colère qui dévasta ce peuple à la nuque raide. Rappelons-nous la grande sentence prononcée par Dieu contre son peuple lorsqu’il fit périr dans le désert ceux qui doutèrent de sa puissance. C’est à l’issue de cet épisode que le Seigneur fit voir de loin la terre promise à Moïse et lui annonça qu’il n’en foulerait pas le sol. Josué fut désigné à sa place pour mener le petit reste à la terre de la promesse.

Contre la rébellion et les caprices des enfants d’Israël, Josué voulut fixer une fois pour toute la règle du jeu : S’il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir : les dieux que vos pères servaient au-delà de l’Euphrate, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur [1]. On ne peut être plus clair. Josué ne se sert pas de diplomatie. Il interpelle directement le peuple sur sa responsabilité. Personne n’est obligé contre sa conscience à servir le Seigneur. Mais si l’on s’engage, il faut y demeurer fidèle. Voilà l’engagement que Josué rappelle au peuple.

Ce rappel ne ferait pas de mal à notre communauté chrétienne qui a parfois tendance à se laisser aller. Qu’avons-nous fait de notre vocation baptismale ? Comment vivons-nous notre engagement à la suite du Christ ? Tel est le défi que nous lance la liturgie d’aujourd’hui. S’engager à la suite du Christ est un acte de foi qui nécessite un consentement libre de la part du croyant et une constance dans la conformité entre ses convictions et son vécu. Aussi bien le peuple d’Israël que les douze répondent de manière personnelle à ce défi qui leur a été lancé. Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur pour servir d’autres dieux !... Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c’est lui notre Dieu [2], répond en chœur le peuple. Les apôtres, par la voix de Pierre, expriment quant à eux leur foi : Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu [3].

Notre fidélité à Dieu et à nos frères et sœurs est souvent mise à dure épreuve sans que nous sachions toujours comment nous en sortir. Nous faillons par excès de commodité et de manque de détermination. Notre engagement est à la mesure de notre convenance. Mais la fidélité donne toute sa mesure dans la foi qui anime l’homme et le pousse à se remettre entièrement entre les mains du Seigneur qui chemine avec les siens vers l’avenir auquel il les appelle. Tout comme le peuple d’Israël et les douze, il nous est demandé aujourd’hui d’opérer un choix décisif et radical dans notre vie. Nous sommes requis de nous déterminer. Comme le dit le slogan pour ceux qui s’engagent pour une association à but humanitaire, nous pouvons reprendre la formule à notre compte et nous demander : pour qui roulons-nous ?

[1] Jos 24, 15.

[2] Jos 24, 16.18.

[3] Jn 6, 68-69.

Publié le 24 août 2009 par Nestor Nongo Aziagbia