Invitation à la joie

2ième dimanche de l’Avent (c)
Textes : Ba 5, 1-9 ; Ph 1, 4-11 ; Lc 3, 1-6

Se mettre en marche, tel est le mot d’ordre. L’invitation est d’ores et déjà lancée. Les fils d’Israël, contraints à l’exil par leurs ennemis, se tiennent prêts à retourner à Jérusalem. Ils seront portés en triomphe par Dieu qui « conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, lui donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice [1] ». Saint Paul exhorte, quant à lui, les Philippiens à marcher « dans la droiture sans trébucher vers le jour du Christ [2] ». La destination est ainsi bien définie dans un cas comme dans l’autre. Il s’agit de Jérusalem pour ce qui concerne les fils d’Israël et du jour du Christ pour les Philippiens.

Le chemin que la liturgie propose en ce deuxième dimanche de l’avent mène inéluctablement l’homme à Dieu. C’est la rencontre de l’homme avec son Créateur. Dieu accueille en son amour des hommes et des femmes qui acceptent de cheminer avec lui. C’est une sorte de compagnonnage. L’homme n’est pas abandonné à lui-même. Il peut s’appuyer sur le Seigneur qui le conduit et dont la lumière éclaire ses pas.

Ce cheminement, sans qu’il soit purement une démarche éthique, oriente l’homme vers le salut en Jésus Christ. Les conditions de ce salut exigent de l’homme une adéquation de vie dont il est diversement rendu compte. Baruc en parle en termes de la justice de Dieu. Saint Paul évoque, quant à lui, la droiture alors que Jean-Baptiste invite la foule à la conversion : « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route [3] ». Comme il le rappelle dans l’invitation qu’il adresse à la foule, la préparation consiste à combler les ravins, à abaisser les montagnes et les collines, à redresser les passages tortueux et à aplanir les routes déformées. Il s’agit en un mot de prendre les dispositions pratiques en vue de favoriser une rencontre de qualité avec le Seigneur. La conversion devient en ce sens un long processus de purification dans lequel l’homme ne tend pas uniquement à la perfection morale, mais vise plutôt l’accès à la vision de Dieu et au bonheur.

Cette vision béatifique comble l’homme de joie. Voilà pourquoi la liturgie de ce deuxième dimanche de l’avent se fait pressante dans son exhortation : « Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours [4] ». Cette invitation à la joie est inscrite au cœur de notre foi comme nous le proclamons à chaque eucharistie : « nous attendons le bonheur que tu promets, l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur ». Cette joie est fondée sur l’espérance que nous avons en l’indéfectible amour de Dieu qui tient toujours ses promesses en faveur de son peuple. La fidélité du Seigneur est d’âge en âge. Il n’oublie aucun de ses enfants.

Marcher à la rencontre de ce Dieu qui se donne à nous en son Fils Jésus Christ, qui a épousé la nature humaine et qui s’est inscrit dans l’histoire des hommes, c’est changer le regard que nous portons les uns sur les autres, dépasser les préjugés qui nous habitent les uns à l’égard des autres, faire enfin bon accueil à tout homme. En ce sens, la conversion à laquelle nous invite Jean-Baptiste en ce temps de préparation à la naissance de Jésus est aussi une ouverture à l’autre. C’est la confiance en la grâce de Dieu qui nous réunit et nous permet de surmonter les rivalités et les haines qui nous divisent. Notre joie sera d’autant plus grande dans cette unité qui nous rassemble en Jésus comme en un seul corps.

[1] Ba 5, 9.

[2] Ph 1, 10b.

[3] Lc 3, 4b.

[4] Ba 5, 1.

Publié le 14 décembre 2009 par Nestor Nongo Aziagbia