Jubilée d’or du Père Paul Simon

Le même jour que Georges Selzer, le 3 janvier 2010, Paul célèbre son Jubilé d’or à Gries, un village de son ancienne paroisse. Le Père Nestor Nongo, actuel modérateur de ce secteur pastoral et membre du Conseil du District, a transformé ce jubilé en vraie fête missionnaire. Voici son homélie.

Comme les mages, nous avons suivi l’étoile, précédés des lanternes qui ont illuminé nos pas lors de la procession d’entrée au début de cette célébration d’action de grâce. La solennité de l’Epiphanie nous présente la figure des mages. Qui sont-ils ?… Sous l’influence du Psaume 72, 10 et des citations du livre d’Isaïe [1], la tradition chrétienne en a très tôt fait des rois.
Toutefois, dans la culture proche-orientale, ils constituaient une caste de sages, associés à l’interprétation des rêves. Ils passaient pour des savants en astrologie. C’est pourquoi ils se sont rendus compte, grâce à l’observation des astres, de l’événement qui allait bouleverser le monde. Ils ne se sont pas trompés. L’étoile qu’ils ont suivie les a conduits jusqu’au « roi des Juifs qui vient de naître [2] ». Quels que soient les risques encourus, au-delà des ténèbres et de l’égarement, l’aventure les a menés à la rencontre du Sauveur, Dieu fait homme.

Les mages, dans cette perspective, sont essentiellement des aventuriers. C’est en cela que j’aimerais faire le lien avec l’autre aspect de l’événement que nous célébrons aujourd’hui, c’est-à-dire le jubilée d’or du Père Paul Simon. Le goût de l’aventure en compagnie du Christ l’a successivement conduit chez les Spiritains pour les premières années de son école primaire, puis aux Missions Africaines qu’il n’a plus jamais quittées. Il y a reçu toute sa formation humaine et intellectuelle, passant d’Haguenau à Chanly et à Saint-Pierre, où il fut ordonné prêtre le 3 janvier 1960 dans la Société des Missions Africaines. Le Père Paul poursuivit son aventure de missionnaire au Togo. Il y fut actif dans les domaines de l’enseignement, de l’aumônerie et de la pastorale en paroisse.
Après une mise à jour bénéfique lors d’une année sabbatique en France, il retourne en Afrique tout en mettant le cap sur la Côte d’Ivoire. Il intervient aussi bien en pastorale que dans la formation du clergé local et des candidats des Missions Africaines en vue de la prêtrise. De retour en France, il fut vicaire à La Petite-Pierre avant d’assumer pendant neuf ans la responsabilité curiale de notre communauté de paroisses, Terre de Missions sous le patronage de Saint Paul, comprenant les paroisses de Niederschaeffolsheim / Harthouse, Weitbruch et Gries / Kurtzenhouse.

En tout temps, le Père Paul a suivi son étoile, qui l’a inexorablement conduit à la rencontre d’autres cultures et d’autres peuples, ses frères et sœurs dans le Christ. Il est intéressant de remarquer que le Père Paul est allé à la rencontre du Christ à travers des hommes et des femmes qu’il a rencontrés le long de son chemin. Peut-être ne leur a-t-il pas offert de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais il a fait don de ce qu’il a de meilleur, sa disponibilité, sa vie et son humanité. N’est-ce pas la mise en garde que Jésus faisait déjà à ses disciples contre les faux prophètes : « C’est à leurs fruits que vous les connaîtrez » ? Par son témoignage missionnaire, non seulement il a semé la Bonne Nouvelle dans le cœur des hommes, mais encore il a rayonné la lumière du Ressuscité et semé l’espérance autour de lui.
Quelle heureuse coïncidence d’être ordonné en ce jour où Dieu se révèle aux nations. Missionnaire, Paul a répondu à l’appel de le faire connaître. Il a été fidèle à cette vocation pendant les cinquante dernières années. Célébrer aujourd’hui la solennité de l’Epiphanie et le jubilée d’or de cette ordination, c’est manifester notre confiance en ce Dieu qui nous attire à lui, nous révèle sa bonté, guide nos pas en dépit des incertitudes et fait de nous le peuple de ceux qui sont rassemblés en son amour.

Que l’étoile du Sauveur qui brille dans sa vie et l’a précédé dans chacune de ses missions, le mène vers la joie éternelle du Père.

Ralliement, mars-avril, n°2-2010

[1] Notamment Is 49, 7 et 60, 10.

[2] Mt 2, 2.

Publié le 3 juin 2010 par Nestor Nongo Aziagbia