L’Alliance de Dieu avec les hommes.

A partir des textes du 5ème dimanche de Carême de l’année B, 29 mars 2009 :
1e lecture : Jr 31, 31-34 ;
2e lecture : Hb 5, 7-9 ;
Évangile : Jn 12, 20-33.

La première lecture contraste dans le passage du prophète Jérémie deux régimes : l’ancienne et la nouvelle Alliance. A la sortie de l’esclavage d’Egypte, Dieu établit gratuitement son Alliance avec Israël. Il remit au peuple la table de l’Alliance. Ces chartes désignent essentiellement l’enseignement donné par Dieu aux hommes pour régler leur conduite. La diversité de cette loi s’étend à tous les domaines de la vie du peuple. Ces préceptes s’appliquent avant tout à l’ensemble législatif que la tradition de l’Ancien Testament rattachait à Moïse. Aussi vient-on à parler, dans le langage courant, de la loi de Moïse. Cette dernière règle les relations de l’homme à Dieu et de l’homme avec son prochain. Elle se présente comme un principe de vie pour ceux qui veulent la suivre et la mettre en pratique.

Et pourtant le Seigneur ne se satisfait plus de cette Alliance qui a été foulée aux pieds par le peuple. Cette Alliance est devenue caduque et obsolète. Alors le Seigneur s’engage à établir une nouvelle avec Israël : « Mais voici quelle sera l’Alliance que je conclurai avec la maison d’Israël quand ces jours-là seront passés, déclare le Seigneur. Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai dans leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple [1] ».

Que peut-on dire de ces deux régimes ? En quoi consiste la différence entre l’ancienne et la nouvelle Alliance ? Dans les deux cas, il s’agit d’initiative personnelle de Dieu qui se choisit un peuple à qui il donne toute sa confiance. Il veut faire d’Israël ses enfants. Il les mène vers la plénitude de la vie. La différence fondamentale que nous pouvons toutefois dégager de ces deux régimes, c’est que l’ancienne alliance paraît extérieure à l’homme ; elle est donnée sur des tables de pierre. La nouvelle est beaucoup plus intime à l’homme. Elle est inscrite dans les cœurs. Elle pallie au manque de connaissance de Dieu que déplore le prophète Osée : « Ecoutez la parole de Yahvé, enfants d’Israël, car Yahvé est en procès avec les habitants du pays : il n’y a ni fidélité ni amour, ni connaissance de Dieu dans le pays, mais parjure et mensonge, assassinat et vol, adultère et violence, et le sang versé succède au sang versé [2] ».

La nouvelle Alliance conduit à la parfaite connaissance de Dieu et dispose l’homme à réaliser sa volonté. La connaissance parfaite de Dieu n’est pas de l’ordre de la théorie. Elle ne saurait se satisfaire de l’assimilation du catéchisme, ni de la connaissance livresque des préceptes bibliques et évangéliques. Elle est de l’ordre du vécu car elle engage l’homme dans les témoignages de sa vie. C’est ce que l’auteur de la lettre aux Hébreux exprime par l’obéissance et que saint Jean décrit comme un dessaisissement. Dans sa soumission au Père, le Christ est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

Voilà ce à quoi nous prépare la nouvelle Alliance, désormais scellée en Jésus Christ : devenir source de salut les uns pour les autres. N’est-ce pas l’aboutissement de cette préparation de Carême à laquelle nous nous appliquons ? Mieux connaître la volonté de Dieu pour la traduire en acte dans nos vies ? La nouvelle Alliance fait de nous des enfants et des témoins de l’amour de Dieu pour les hommes.

[1] Jr 31, 33.

[2] Os 4, 1-2.

Publié le 31 mars 2009 par Nestor Nongo Aziagbia