L’appel de Dieu aux hommes

4ième dimanche de Pâques
Textes : Ac 13, 14.43-52 ; Ap 7, 9.14b-17 ; Jn 10, 27-30

Le langage courant identifie, bien souvent par facilité, la vocation à l’appel à la vie consacrée ou à la vie sacerdotale. C’est pourquoi l’Eglise prie en cette journée mondiale des vocations pour que des jeunes prennent le risque de faire de leur existence un service des autres sur les traces de Jésus et que des hommes entendent l’appel du Seigneur à un service plus direct de l’Evangile et choisissent de donner leur vie pour cela. L’orientation est ainsi tracée dans le sillage du ministère. En ce sens, est considéré comme ayant une vocation un prêtre, un moine, un religieux ou une religieuse. Dans cette perspective, il ne serait pas faux de considérer que la vocation est une qualité inhérente à un groupe particulier de chrétiens.

Aussi pertinente soit cette observation, elle ne correspond pas tout à fait à la réalité biblique. En effet, la vocation ne se réduit ni à l’appel à l’ordre, ni à l’appel à la vie consacrée. Elle est plutôt une invitation à écouter la Parole de Dieu et à se mettre à la suite du Christ : « Je suis le Bon Pasteur (le vrai berger)… Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent [1] ». La vocation est fondamentalement une disposition de l’homme à répondre à l’appel de Dieu et à en vivre dans la fidélité à la suite du Christ. Telle est l’attitude qui se traduit de la part du chrétien par un attachement particulier aussi bien au Fils qu’au Père qui envoie. La vocation est ainsi ouverte à tout homme et à toute circonstance de vie, comme le rappelle si bien l’apôtre Paul au sujet de la diversité et de l’unité des charismes : « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit. Les fonctions dans l’Église sont variées, mais c’est toujours le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est toujours le même Dieu qui agit en tous. Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous [2] ». Dans ce contexte particulier, la perspective de la vocation est largement ouverte. Quelle que soit la forme que peut prendre la réponse de l’homme à l’invitation de Dieu, la vocation s’incruste fondamentalement dans le baptême et répond à la triple exigence d’écoute, de compagnonnage et de connaissance.

Ecouter est une attitude de disponibilité et d’attention qui garantit la qualité de la relation entre deux personnes. C’est pourquoi, de la nuée, la voix de Dieu se fit entendre et exhorta la foule à écouter son Fils unique. Cette écoute attentive rapproche de Jésus et donne à l’homme le goût de s’attacher à lui et de partir en aventure avec lui. En répondant favorablement à l’invitation de se mettre à la suite du Christ, l’homme s’inscrit dans une relation d’intimité avec celui qui l’appelle à la vie. Cette relation d’amour se caractérise par la compréhension mutuelle et la communion des cœurs.

Quel que soit notre engagement au sein de l’Eglise et quel que soit notre état de vie, chacun, par le baptême, est convié à faire rayonner l’amour de Dieu autour de soi. Par notre amour, nous donnons ainsi corps à l’appel de Jésus qui fait de nous des témoins auprès de nos frères et sœurs. C’est de cette manière que nous constituons l’Eglise du Christ, communauté des élus et des appelés qui entendent l’invitation de Dieu, « viens et suis-moi [3] », et qui y répondent de tout leur cœur et par le don total de leur vie.

[1] Jn 10, 11a. 27.

[2] 1 Co 12, 4-7.

[3] Mc 10, 21b.

Publié le 26 avril 2010 par Nestor Nongo Aziagbia