L’ascendance d’Émile Durrheimer (1909-1994), Évêque missionnaire

in Bulletin du Cercle Généalogique d’Alsace (BCGA) [1]septembre 2009, n° 167, p. 678-686.

Emile Durrheimer, né en 1909 à Batzendorf (Bas-Rhin), fit ses études secondaires aux écoles des Missions Africaines à Bischwiller, puis à Saint-Pierre (Bas-Rhin), et ses études de philosophie et de théologie à Chanly (Belgique) et à Lyon. Il fut ordonné prêtre à Lyon, le 8.1.1933, au titre de la Société des Missions Africaines (SMA). Après avoir enseigné les mathématiques à l’école Saint-Arbogast de Haguenau, il s’embarqua en 1937 comme missionnaire pour la Côte d’Ivoire. Dans la province de Korhogo, au nord de la Côte d’Ivoire, il devint vicaire apostolique, curé de la paroisse et professeur au Petit Séminaire de Katiola, avant d’en devenir le directeur. En 1946 il revint en Alsace comme vice-provincial de la Province de l’Est des Missions Africaines, mais, nommé en 1947 préfet apostolique de Korhogo, il repartit pour la Côte d’Ivoire. Il fut consacré évêque en l’église Saint-Georges de Haguenau le 16.8.1952 par Mgr Jean-Julien Weber et retourna en Afrique comme vicaire apostolique de Katiola et évêque titulaire d’Achelous. Quand, en 1955, le Vicariat de Katiola fut érigé en évêché, il en devint l’évêque. Après près de 40 années passées en Afrique, il se retira en 1977 à Batzendorf, puis à la maison des Missions Africaines de Saint-Pierre. Il s’éteignit à Barr à l’âge de 85 ans.

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Émile Durrheimer (à g.), séminariste.
A Lyon, en 1931
Photo SMA Strasbourg
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Première messe du P. Durrheimer à Batzendorf, le 5-07-1933.
Photo SMA Strasbourg

Emile Durrheimer avait une soeur Mathilde et six frères (Jérôme, Léon, Eugène, Joseph, Antoine et André). Eugène, qui était prêtre, perdit la vie pendant la bataille de la Somme, près de la ville d’Albert, le 25.8.1918.

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Famille Antoine DURRHEIMER-Odile PAILLE, vers 1923.
2e rang : André, Antoine, Joseph, Émile (futur évêque)
3e rang : Léon, Jérôme
4e rang : Mathilde
en médaillon : Eugène, prêtre qui perdit la vie en 1918
Photo G. Dirheimer

Les ancêtres d’Emile Durrheimer se recrutent tous dans la région de Haguenau. Du côté paternel, le plus lointain ancêtre, retrouvé par nous, habitait Dauendorf en 1648 et était maître-maçon à l’abbaye de Neubourg. Cette abbaye cistercienne avait été ruinée pendant la guerre de Trente ans. Il y avait donc du travail pour un maçon ! Par contre, à partir de la deuxième génération, et jusqu’au père d’Emile, tous les chefs de famille de la lignée centrale ont exercé le métier de maréchal ferrant, à Neubourg, Mertzwiller, Ohlungen et Batzendorf. On compte d’autres maréchaux ferrants dans l’ascendance d’Emile Durrheimer (Schneider à Uhlwiller, Baumgarten et Roth à Minversheim). Marx Durrheimer eut onze enfants vivants, six filles et cinq garçons. Tous les Durrheimer/Dirheimer d’Alsace et de Moselle que nous avons recensés en descendent.
L’orthographe du patronyme a oscillé entre Durrheimer et Dirheimer, parfois pour la même personne (voir Sosa 256).Ainsi Jean-Michel (Sosa 64 [2]) et Joseph (Sosa 32) signaient Dirheimer, Nicolas (Sosa 8) signait Dierheimer, Jean (Sosa 4) signait Durheimer. L’orthographe définitive avec urr ne s’est donc fixée que récemment. Cela s’explique par le dialecte alsacien qui transforme le ü allemand en i, par exemple Die Tür (la porte) se dit Dier.

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A Tankessé. Janvier-Février 1939.
de g. à dr. : Le P. Jacoby, le Fr. Pierre Claver, les PP Durrheimer, Grieneisen et Wach.
Photo SMA Strasbourg
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Les PP Durrheimer (à g.) et Étrillard dans la plantation de café de Katiola. 1939.
Photo SMA Strasbourg
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Katiola, Noël 1950.
Au centre, le P. Durrheimer ; à dr., le P. Jung.
Photo SMA Strasbourg

L’ascendance de la mère d’Emile Durrheimer, Odile Paille, remonte aux immigrants picards du XVIIe siècle [3]. Les Paille sont arrivés à Grassendorf, où sur le terrier de 1686 figurent Nicolas Paille et Etienne Paille fils de Pierre Paille de “Jant in Gallia”. D’autres patronymes de cette région se trouvent dans l’ascendance d’Odile Paille : Aubin, Bazin, Boué, Cadet, Créquy (devenu Criqui par la suite), Pillaire, Pug, Rollet. On les retrouve à Ettendorf, Niederschaeffolsheim, Uberach, Morschwiller et Huttendorf. Les Paille furent soit agriculteurs, soit cordonniers et habitaient Morschwiller. Signalons nombre de leurs ascendants collatéraux à Uhlwiller. On relève également d’assez nombreux prévôts à Uhlwiller (Sosa 212, 424, 428, 910), Ettendorf (Sosa 70, 140, 282, 616), Huttendorf, Wittersheim, Minversheim, Ohlungen et Harthouse (respectivement Sosa 142, 158, 206, 210 et 426). Le plus connu d’entre eux fut Jean Adolph (Sosa 212) qui changea, pour une raison inconnue, son patronyme en Jean Adolph Berbach. Il fut avoué (Vogt) d’Uhlwiller et Niederaltdorf, nommé par l’abbé de Neubourg du 2.1.1673 au 30.4.1722. Son père Diebold Adolph fut avoué et son fils Bernard Berbach prévôt d’Uhlwiller (praetor Spirensis) pour l’évêque de Spire. Enfin nous avons relevé deux immigrants suisses, Gaspar Ander et Jean Leheherr.

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Ordination épiscopale de Mgr Durrheimer par Mgr Weber, en l’église St Georges de Haguenau, le 16-08-1952.
A centre : Mgrs Durrheimer, Weber et Strebler.
Photo G. Dirheimer
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Ordination épiscopale de Mgr Durrheimer. Mgr Bénit sa famille.
Phot G. Dirheimer
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Première messe pontificale de Mgr Durrheimer à Batzendorf, le 17-08-1952.
De nombreux Pères des Missions Africaines figurent sur cette photo. Mgr Durrheimer est au centre ; à sa gauche, Mgr Strebler.
Photo G. Dirheimer
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Première messe pontificale de Mgr Durrheimer à Batzendorf, le 17-08-1952.
Photo G. Dirheimer

La généalogie [4] qui suit présente certaines lacunes. Elles sont dues à la destruction des actes paroissiaux de Batzendorf, Ohlungen et Niederschaeffolsheim, conservés au tribunal de Strasbourg, suite aux bombardements par l’armée badoise et prussienne en août 1871. Dans ces cas, les inventaires après décès ont grandement aidé. Les listes des bourgeois établies en vue des élections législatives en février 1807 nous ont donné les dates de naissance et les professions de certains ancêtres d’Emile Durrheimer, mais sur ces listes ne figurent que les hommes âgés de 21 ans accomplis et habitant les villages depuis un an et plus. Enfin, peu de villages ont des archives remontant avant 1648.

Remarque : Toutes les personnes étaient catholiques sauf mention spéciale.

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Visite à Tanda en 1950.
De g. à dr., 1e rang : Mgr Diss, Mgr Durrheimer, P. Jules Meyer ;
2e rang : PP Jacoby, Grieneisen, Pfister, G. Fischer.
Photo SMA Strasbourg

[1] Fondé en décembre 1967, le Cercle Généalogique d’Alsace a son siège aux Archives du Bas-Rhin, 5 rue Fischart, F 67000, Strasbourg.

Téléphone (du lundi au vendredi, de 9 à 12h : 03 88 60 36 89
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[2] La numérotation des ascendants a été mise au point dès 1590 par l’Allemand Eysinger et reprise plus tard par Sosa et Stradonitz. Elle est utilisée sous le nom de Sosa. Elle consiste à attribuer au sujet étudié le n°1. Son père aura le n°2, sa mère le 3, son grand-père paternel le 4, sa grand-mère paternelle le 5, son grand-père maternel le 6, sa grand-mère maternelle le 7, son arrière-grand-père patronymique le 8 etc.

[3] Voir article de F. Lechner.

[4] L’établissement de listes généalogiques répond à certaines conventions. Nous les donnons ci-dessous :

° ou * né
b baptisé
oo ou x épouse (proscrire X et OO)
fs fils
+ décédé
(+) inhumé
d et (d) pour un non chrétien
fa fille
m marraine
bg bourgeois
P père
M Mère
p parrain
t témoin
v ou ca (circa) vers
/1790 avant 1790
1790/ après 1790
Cm contrat de mariage & union libre
test. testament
inv. Inventaire

Publié le 29 septembre 2009 par Guy Dirheimer