L’aujourd’hui de la Parole de Dieu

3ième dimanche (c)
Textes : Ne 8, 1-4a.5-6.8-10 ; 1 Co 12, 12-30 ; Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21

Que de fois n’avons-nous pas entendu : « Où est-il ton Dieu » ? Cette interrogation exprime la lassitude de l’homme face à la souffrance et à la mort, face à la violence et à l’injustice. L’homme se sent bien souvent dépassé par les événements et rend compte de son incompréhension par la révolte. Pourquoi croire encore ? Le scepticisme devient si fort qu’on tombe facilement dans une attitude de déni. On ne croit plus à rien, ni à personne, pas même à Dieu. Et l’on perd aussi confiance en soi. Dans ces moments de doute, on peut se demander s’il y a encore une parole de réconfort qui soit efficace.

Au-delà des questions que nous pouvons nous poser et des doutes qui nous assaillent, Jésus nous rassure : « Cette parole de l’Ecriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit [1] ». Dans l’aujourd’hui de cette parole qui se réalise, Jésus s’inscrit dans la dynamique messianique et manifeste la fidélité de Dieu à son peuple et à sa promesse. De manière concrète, cette fidélité s’identifie à la libération de toute oppression. Jésus en a d’ailleurs fait le programme de sa mission : « L’Esprit du Seigneur m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur [2] ». Jésus établit son programme sur la notion de justice sociale telle qu’elle a été appliquée aux membres du peuple juif réduits en esclavage. Il en étend néanmoins l’application à tout homme qui est désormais considéré comme fils de Dieu.

La Parole renvoie ainsi au temps de grâce où Dieu vient à la rencontre de l’homme. Nous ne sommes jamais seuls, ni abandonnés par ce Dieu qui daigne partager les réalités aussi contrastées de notre vie. Au pire de la catastrophe qui s’est abattue récemment sur les Haïtiens, l’action de grâce de cette dame sortie des décombres après plusieurs jours d’angoisse est signe d’espérance. De la même manière, Israël a fait l’expérience de cette sollicitude de Dieu dans la redécouverte de la parole qui assure l’unité du peuple divisé entre ceux qui n’ont jamais quitté leur terre et ceux qui sont revenus de l’exil de Babylone. Les deux parties ont une appréciation mitigée l’une de l’autre. Pour triompher de cette méfiance qu’ils manifestent les uns à l’égard des autres, il a fallu la découverte du livre de la Loi qui a permis au prêtre Esdras de rappeler à l’intention du peuple les bienfaits du Seigneur. En effet, « la loi du Seigneur, comme le proclame le psalmiste, est parfaite et redonne vie [3] ». Elle est aussi source de joie. C’est pourquoi Esdras invite le peuple à se defaire de sa grise mine et à se vêtir du manteau de l’allégresse : « Ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart [4] ! »

Il va sans dire que la Parole donne sens aux réalités de notre vie. Elle illumine notre expérience dans ce qu’elle a d’ordinaire. Toutefois on ne peut s’empêcher de se demander comment nous écoutons aujourd’hui la Parole de Dieu. Dans le rythme effréné qui caractérise notre vie, dans les soucis qui nous engloutissent, la Parole de Dieu reste un indicateur sûr et un repère dans notre manière de vivre notre foi en conformité à la volonté de Dieu.

[1] Lc 4, 21.

[2] Lc 4,18-19.

[3] Ps 19, 8.

[4] Ne 8, 10b.

Publié le 25 janvier 2010 par Nestor Nongo Aziagbia