L’avenir du district sma de Strasbourg

Rencontre des membres honoraires au Zinswald le 11 novembre 2009

Comment organiser l’avenir du district strasbourgeois de la Société des Missions Africaines ? Telle a été la question cruciale posée par le Père « provincial » Jean-Paul Eschlimann aux membres honoraires du district réunis en session plénière à la Maison du Zinswald. La proposition qui leur a été faite d’entreprendre un important pas de plus dans leur engagement au service de la SMA en devenant des « membres actifs » s’investissant davantage encore non seulement dans la gestion des biens matériels du district de Strasbourg, mais aussi dans l’animation missionnaire, a constitué le point central des échanges entre religieux et amis laïques.

La force de la solidarité
La journée automnale, gratifiée d’un soleil radieux, a été introduite par une célébration eucharistique présidée par le Père congolais Aloïse Kituba, en séjour de convalescence en France après avoir été agressé et sérieusement blessé à l’arme blanche dans sa paroisse africaine. Il était assisté des Pères Eschlimann, Nestor Nongo, chargé de la communauté de paroisses « Terre de Mission » de Weitbruch - Gries - Kurtzenhouse - Niederschaeffolsheim - Harthouse, et du diacre Jean-Paul Fischer.

Partant du magnifique exemple de saint Martin de Tours, que l’Église fête précisément le 11 novembre et qui, selon la légende, a partagé sa tunique de légionnaire romain avec un pauvre, le Père Jean-Paul Eschlimann a exalté les vertus et la force de la solidarité qui, au sein de la grande famille des Missions Africaines, s’exerce fraternellement et mutuellement entre membres religieux et amis laïques. La solidarité repose fermement sur « deux pieds : la foi en soi-même et la foi en l’Autre, dans le prochain », a-t-il insisté dans son prêche. C’est sur cette solide base qu’il a encouragé les membres honoraires présents à pousser plus avant leur engagement pour la SMA en général et le district de Strasbourg en particulier.

Après un bon repas pris en commun en toute convivialité et fraternité, religieux et laïcs se sont retrouvés en réunion plénière pour ébaucher un projet de « gouvernement » - selon l’expression employée par le Père Eschlimann - du district par les uns et les autres, main dans la main, pour les années à venir. Il serait en effet vain de se voiler la face : la crise des vocations - en particulier missionnaires - s’accentuant dans ce monde matérialiste gagné par une déchristianisation rampante, avec en corollaire un vieillissement inéluctable des effectifs religieux, les Pères sma seront dans peu d’années numériquement et physiquement dans l’impossibilité de continuer à supporter à eux seuls les nombreuses et lourdes charges matérielles et spirituelles - gestion et comptabilité des biens, entretien du patrimoine de la SMA, information et communication, affaires juridiques et successions, animation missionnaire dans les paroisses du district mais aussi à travers le monde, en terre d’Afrique, d’Inde et d’ailleurs - qu’ils se sont efforcés de maîtriser jusqu’à présent avec beaucoup de flamme, de volonté et de force, avec un admirable esprit d’abnégation, de sacrifice, de dépassement de soi-même.

Devenir « membres actifs
Jean-Paul Eschlimann, en ouvrant la séance de travail, s’est réjoui qu’avec l’admission de dix nouveaux membres honoraires le 11 octobre dernier, le district sma de Strasbourg en comptait désormais 28, dont une bonne vingtaine a participé à la réunion plénière du Zinswald. Les Francs-Comtois Jean et Bernadette Bouhelier, Jean-Baptiste et Carmen Zanchi ainsi que Francis Vuillemin, de Haguenau étaient excusés pour des raisons diverses. Après avoir signalé au passage que les importants travaux de réaménagement de la Maison de retraite SMA de Saint-Pierre étaient en bonne voie, le Père « provincial » a énuméré trois dossiers principaux à traiter : la structure de la future « colonne vertébrale » du district de Strasbourg ; le projet de « gouvernement » du district avec, plus tard, constitution d’un bureau et élaboration d’une « charte » à usage interne ; l’organisation d’un voyage prévu en septembre 2010 en Italie, dans les maisons sma de Padoue et de Gênes (avec un crochet par Venise) pour y faire la connaissance des Pères et amis laïcs italiens et se familiariser avec leurs structures de décision et de gestion.

Afin d’assurer leur avenir à moyen et, autant que possible, à long terme, les provinces et districts doivent parvenir à un fonctionnement plus autonome par l’intégration de membres laïques dans leur « gouvernement ». Le Père Eschlimann a rappelé, dans ce but, que la SMA du district de Strasbourg possède un double statut juridique : elle est à la fois une communauté religieuse et, depuis 1983, une association dénommée Le Foyer des Missions Africaines. C’est particulièrement au sein de cette association que les amis laïques admis comme « membres honoraires », en reconnaissance de leur fidèle soutien et de leurs nombreux et précieux services déjà rendus à la SMA, sont appelés à devenir « membres actifs » en franchissant un pas de plus dans leur engagement.

Une réalité canonique et économique
En effet, si le Foyer des Missions Africaines est une réalité canonique obéissant à des règles ecclésiales bien définies, il représente aussi une réalité économique qui couvre divers domaines déjà mentionnés plus haut : entretien du patrimoine, gestion des biens, information-communication, affaires juridiques et successorales, tutelle d’établissements comme le collège des Missions Africaines de Haguenau et la Maison de retraite de Saint-Pierre, ainsi que l’animation missionnaire.
Si la constitution d’un bureau de coordination, composé de religieux et de laïcs, pour le district de Strasbourg, et la désignation d’un président laïque de l’association du Foyer des Missions Africaines n’étaient pas encore au programme de cette réunion plénière au Zinswald, des équipes de laïcs ont d’ores et déjà pu être composées pour prendre en charge différents domaines d’activité. Par ailleurs, le membre honoraire Manfred Reppert, de Tenteling (Moselle), s’est proposé de représenter le groupe de laïcs du district de Strasbourg à la rencontre des délégués des différents groupes d’associés laïques que le Supérieur Général de Rome et son Conseil organiseront au niveau international du 13 au 16 avril prochain à Cadier en Keer, aux Pays-Bas. Le district sma de Strasbourg est le premier à expérimenter une nouvelle forme de « gouvernement » impliquant religieux et laïcs pour les années à venir. Le Généralat de Rome devrait se prononcer en 2010 sur cette expérimentation.

Ralliement, janvier-février, n° 1 - 2010

Publié le 2 mars 2010 par Etienne Weibel