L’illettrisme : ensemble pour réussir

Créé depuis 2003 à l’initiative de la Fondation Caisses d’Epargne pour la solidarité, le dispositif national Savoirs pour réussir accueille des jeunes de 16 à 25 ans pour les aider à se réconcilier avec l’écrit, un accompagnement global mené avec plusieurs partenaires afin de mieux lutter contre l’illettrisme [1].

Savoirs pour réussir
Le dispositif SPR (« Savoirs pour réussir [2] »), initié par la Fondation Caisses d’Epargne pour la solidarité en 2003, est constitué de 22 centres à ce jour. Le dernier a été créé à Colmar à l’automne dernier. Au total, ce sont plus de 2200 jeunes en situation d’illettrisme qui sont ou ont été accompagnés individuellement par des tuteurs bénévoles encadrés par une équipe salariée, le temps de retrouver le goût d’apprendre et de construire un nouveau projet de vie. Un chemin vers un emploi stable qui peut durer plusieurs mois ou plusieurs années, et qui repose pour beaucoup sur la relation de confiance qui se crée entre chaque jeune et son tuteur.

Pivots du dispositif, les tuteurs – plus de 400 aujourd’hui – sont en effet les garants, à travers des rendez-vous réguliers, du suivi et du soutien des jeunes tout au long de leur parcours. Cette formule de « tutorat » est certainement pour beaucoup dans le succès du dispositif : grâce à cet accompagnement global et individualisé, le jeune et le tuteur peuvent peu à peu construire un projet d’apprentissage en fonction d’un objectif professionnel choisi, valorisant et réaliste.

JPEG - 87.9 ko
Photo Samuel Bollendorff pour la FCEs

Une première étape vers l’apprentissage
Les associations du réseau SPR ne sont pas des centres de formation linguistique, même si elles proposent systématiquement un travail sur l’écrit. Leur objectif consiste plutôt à créer les conditions qui permettront à chacun de profiter pleinement et sereinement d’une véritable formation. En redonnant confiance, en aidant à résoudre des problématiques « environnementales » susceptibles de freiner un processus d’apprentissage, en prouvant aux jeunes, jour après jour, que la lecture et l’écriture seront leurs meilleures armes pour forger leur destin social et professionnel. Outre l’accompagnement du tuteur, tous les centres proposent des ateliers de « remobilisation », où les jeunes abordent les apprentissages fondamentaux de façon réfléchie et par le plaisir : une première étape primordiale pour des personnes qui ont vécu un lourd échec scolaire.

JPEG - 87 ko
Le petit livre édité par Savoirs pour réussir
Photo M. Heilig

Un travail sur le long terme
Sur le terrain, ces objectifs ambitieux ne sont pas faciles à atteindre : la plupart de ces jeunes ont des difficultés à se projeter dans l’avenir, à construire un projet, et ils minimisent, voire nient souvent leurs difficultés face à l’écrit. La nécessité de travailler les détourne parfois des actions de formation. Ils semblent installés dans une vie au jour le jour. La difficulté est avant tout de leur faire prendre conscience de la précarité de leur situation et de travailler avec eux sur du long terme.
Un travail difficile, mené en synergie avec les acteurs de la formation et de l’insertion, sans jamais se substituer à eux : les associations SPR ne sont pas des organismes de formation et les tuteurs ne sont pas des travailleurs sociaux, mais ils permettent de « fédérer » efficacement et de façon coordonnée ces différents acteurs autour des jeunes.

Terre d’Afrique, mars 2010

[1] On désigne par le terme d’illettrisme l’oubli, ou le désapprentissage, des savoirs de base (lecture, écriture, calcul) acquis au cours d’un cursus scolaire normal. L’illettrisme se différencie de l’analphabétisme : un analphabète est une personne qui n’est jamais allée à l’école. Savoirs pour réussir édite un minuscule petit livre, Illettrisme Abécédaire, qui est plein de renseignements utiles sur le sujet.

[2] Pour contacter le service Savoirs pour réussir : 0158403134 / 7166.

Publié le 25 mars 2010 par Vanessa Bentolila