L’indifférence de Dieu : une vue d’homme

27ème Dimanche du Temps Ordinaire
Textes : Ha 1, 2-3 ; 2, 2-4 ; 2 Tm 1, 6-8.13-14 ; Lc 17, 5-10

L’impatience et une certaine nervosité sont caractéristiques de tout échec. On ne prend plus suffisamment de recul par rapport à la situation que l’on traverse. On ne daigne plus interroger les circonstances inhérentes à son cadre de vie. On n’a plus cette capacité à se remettre en cause. Du coup on jette la pierre à l’autre.

L’expérience dont nous parle le prophète Habacuc n’est pas étrangère à cette réalité. Soumise à l’oppression chaldéenne, Israël se sent tout seul et abandonné de Dieu. C’est tout naturellement que le prophète fait monter son amertume contre Dieu qui se fait absent et dont le silence est lourdement ressenti par le peuple : « Combien de temps, Seigneur, vais-je t’appeler au secours, et tu n’entends pas, crier contre la violence, et tu ne délivres pas ! Pourquoi m’obliges-tu à voir l’abomination et restes-tu à regarder notre misère ? Devant moi pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent [1] ».

Face à la violence, à la souffrance, à la maladie, aux sentiments d’injustice, qui n’a pas cédé à la tentation de s’en prendre à Dieu et de lui exprimer son ras-le-bol ? L’impuissance devant des situations d’injustice et les révoltes qui s’en suivent nous possèdent tous. On se demande parfois où est Dieu dans toutes les misères qui nous tombent sur la tête et nous accablent. Que fait-il ? Pourquoi garde-t-il le silence et reste-t-il indifférent à nos préoccupations ? Ce sentiment d’incompréhension rend compte de la non-croyance de certaines personnes qui se sentent trahies pas Dieu.

Son silence n’est pas en soi un manque d’intérêt pour l’homme. Bien au contraire ! Dieu continue à travailler dans le secret en faveur de l’homme. L’amour qu’Il lui porte est sans faille, comme le rappelle avec conviction le prophète Hababuc : « Cette vision se réalisera, mais seulement au temps fixé, elle tend vers son accomplissement, elle ne décevra pas [2] ».

La réponse de Dieu au doute exprimé par le prophète est sans équivoque. Il se tient solidement à côté de l’homme, à qui il est demandé de s’engager dans la fidélité. Ce mot implique la solidité et la fermeté. Dans un sens, il se rapporte aux dispositions de Dieu dans l’application de l’alliance en faveur de son peuple ; de l’autre il manifeste l’attitude du croyant à l’égard de Dieu. La foi qui devrait désormais animer l’homme, c’est cette confiance rassurante qui transforme la bande amorphe des apôtres en témoins convaincus de l’Évangile ; c’est cette joie intérieure qui nous habite en dépit des souffrances et des déceptions du moment ; c’est cette certitude par laquelle nous nous engageons au service de nos frères et sœurs. Pour nous réveiller de nos torpeurs et former une communauté vivante animée par l’Esprit de Dieu, demandons, à la manière des apôtres, que le Christ « augmente en nous la foi [3] ».

L’accueil de ce don nous disposera davantage à l’écoute de la Parole et de la Volonté de Dieu. Aussi, éclairés par la lumière de l’Esprit Saint, nous pourrons marcher à sa suite dans la pleine confiance quelles que soient les ombres qui obscurcissent le chemin.

[1] Ha 1, 2-3.

[2] Ha 2, 3a.

[3] Lc 17, 5.

Publié le 4 octobre 2010 par Nestor Nongo Aziagbia