L’œuvre de Dieu

A partir des textes du 18ième dimanche ordinaire de l’année B, 2 août 2009.
Textes : Ex 16, 2-4.12-15 ; Eph 4, 17.20-24 ; Jn 6, 24-35

Après l’enthousiasme de la sortie triomphale d’Egypte, à pied sec à travers la Mer Rouge, et le chant d’action de grâce de Myriam repris en chœur par tout le peuple, les fils d’Israël furent confrontés aux dures réalités du désert. Ils manquaient d’eau et de nourriture. Dans leur pénurie, ils se rappelèrent les belles années de leur esclavage. Au moins, en Egypte, ils ne mourraient pas de faim ; ils avaient de quoi manger. Toute la communauté des fils d’Israël se mit à récriminer contre Moïse et son frère Aaron en ces termes : « Ah ! Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, au pays d’Egypte, quand nous étions assis près des marmites de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim tout ce peuple assemblé [1]. » La question qui se pose est celle de savoir s’il faut prendre le risque de l’aventure, continuer d’aller de l’avant, même dans des conditions incertaines, ou se réjouir des acquis du moment tout en sacrifiant sa liberté. Les fils d’Israël semblent avoir opté pour la deuxième solution. Ce qui comptait pour eux, c’était d’avoir à manger.

Même si la nourriture est essentielle pour l’entretien de la vie, l’homme n’est pas fait pour la nourriture. C’est d’ailleurs la reproche que Jésus fit à la foule qui s’est mise à sa recherche : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés [2]. »

La situation de départ n’est certes pas identique, mais l’aboutissement est le même. D’un côté comme de l’autre, les gens sont davantage préoccupés par leur survie matérielle : Que vais-je boire ? Que vais-je manger ? De quoi vais-je me vêtir ? De quoi le lendemain sera-t-il fait ? Ces questions prennent toutes une grande proportion dans les crises que traversent en ce moment nos sociétés. C’est dans ces conditions d’incertitude et de précarité que la Parole de Dieu nous bouscule dans les convictions profondes qui nous habitent. Jésus en fit d’ailleurs une alternative à la foule qui le cherchait : « Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte [3]. »

La liturgie nous rejoint aujourd’hui dans nos différentes quêtes sur les chemins de la vie. De quoi avons-nous faim ? Telle est la grande question existentielle qui nous préoccupe. Chacun est tenu d’y répondre en conscience. Au-delà de la précarité qui affecte le peuple, la nourriture que le Seigneur lui donne se veut être don gratuit et signe de sa grande générosité. En reconnaissant ce geste qui vient du Seigneur et qui donne la vie, le peuple confesse sa foi en la fidélité de Dieu. Voilà l’œuvre de Dieu, la merveille sous nos yeux. Vivre notre foi dans de pareilles circonstances, c’est faire confiance en ce Dieu qui subvient aux besoins fondamentaux de ses enfants, quelle que soit l’impression d’abandon que nous puissions parfois ressentir dans des moments de grande solitude, de maladie, de deuil et de traversées de désert de toutes sortes. En dépit des apparences, une chose est sûre, Dieu n’abandonne jamais son peuple ; il le nourrit du pain et de sa Parole. Trouvons en lui les ressources nécessaires pour poursuivre plus loin notre aventure en quête de bonheur dans son amour.

[1] Ex 16, 3.

[2] Jn 6, 26.

[3] (Jn 6, 27.

Publié le 3 août 2009 par Nestor Nongo Aziagbia