La case de santé St Fridolin à Saoudé

Comment croire à une école qui instruit mais n’éduque pas ? Pour se convaincre de cette vérité, il suffit d’observer le comportement des élèves. Où est passé le respect des hommes et des choses, de la nature surtout. Et pourtant, si elle n’existait pas, que serait-ce ? Alors on fait avec.

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En route pour l’école !
Photo A. Kuntz

Ainsi, parce qu’un jour nous est tombé dessus un don via Missio pour « orphelins et malades », et qu’il se renouvelle chaque année, nous avons commencé par aider les orphelins à préparer leur rentrée scolaire. Pour les faire participer, nous leur donnons des travaux d’utilité communautaire. A la rentrée, ils reçoivent les fournitures scolaires nécessaires. Nous laissons des plumes dans l’opération : nous dépensons trois fois plus que nous ne recevons. Pour 260 enfants cette année, il y eut des moments d’inquiétude : aurions-nous l’argent nécessaire ? Mais tout s’est bien passé.

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Photo A. Kuntz

Depuis ses origines, la paroisse de Saoudé, au Togo, s’est toujours occupée des malades. Nos devanciers avaient-ils pris au sérieux la consigne de Jésus : « guérissez les malades » ? A défaut d’avoir le pouvoir de guérir, on peut au moins essayer de soigner. C’est ce qu’ont fait le Père Reiff et ceux qui l’ont suivi, avec des moyens de fortune. Le dernier avatar de cette activité est « St Fridolin ». Que vient faire saint Fridolin dans la montagne togolaise ? C’est exactement la réaction éberluée de deux voyageurs de passage fortunés. Pour eux, Fridolin rimait avec allemand. Saint Fridolin était, croit-on savoir, un missionnaire d’origine irlandaise qui a évangélisé la Bourgogne, l’Alsace, la Suisse et le Pays de Bade au VIe siècle. « Saint Fridolin », c’est notre pharmacie villageoise.

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La case de santé St Fridolin à Saoudé.
Photo A. Kuntz

Elle a une longue histoire à rebondissements qu’on peut résumer ainsi : au commencement, il y avait un groupe de jeunes retraités mosellans qui voulaient se rendre encore utiles et construire un dispensaire en Afrique. Mais le projet a tourné court alors qu’il était déjà lancé. Une dame du Haut-Rhin, qui n’a pas froid aux yeux, obtint pour continuer un crédit du Conseil Général. La dame, Mme Hartmann, est de Wettolsheim, village qui abrite un petit pèlerinage à saint Fridolin. Elle désirait que la « case de santé » en construction soit dédiée à ce saint. A Wettolsheim, saint Fridolin est censé guérir les enfants malades. Pourquoi n’en guérirait-il pas dans la montagne togolaise par les mains des missionnaires laïques polonaises (aujourd’hui Beata et Kinga) ?

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Des missionnaires laïques polonaises s’occupent des ordonnances...
Photo A. Kuntz
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...et gèrent la pharmacie de la case de santé.
Photo A. Kuntz

Les nécessiteux présentent un ticket attestant de leur état. Contre une modique participation en nature, on leur sert les médicaments que les infirmiers des divers dispensaires leur ont prescrits. Le titre de « nécessiteux » est laissé à la discrétion des membres de l’OCDI paroissiale (Caritas), présente dans chaque village.

Bien que la nouvelle loi française sur l’acheminement des médicaments entamés rende aujourd’hui les choses plus difficiles, St Fridolin continue à faire venir des médicaments d’Alsace et d’Allemagne, entre autre par le cœur et les mains du curé Albin Blümmel, en poste à Herten. Un village tout proche du tombeau de saint Fridolin, justement !

L’œuvre du Père Alphonse Kuntz en faveur de la santé et de l’éducation à Saoudé fait partie des projets du district SMA de Strasbourg en 2010. Vous pouvez soutenir cette action en envoyant vos dons à :
Missions Africaines
4 rue Le Nôtre

Terre d’Afrique Messager 2009-4

Publié le 2 février 2010 par Alphonse Kuntz