La grandeur de l’amour de Dieu

24ème Dimanche du Temps Ordinaire
Textes : Ex 32, 7-11.13-14 ; 1 Tm 1, 12-17 ; Lc 15, 1-10

Par l’intercession de Moïse, le Seigneur a renoncé au mal qu’il voulait faire à son peuple. Israël s’est en effet perverti en offrant des sacrifices aux idoles. Alors que Moïse se faisait encore attendre, le peuple obtint qu’Aaron lui fabrique un dieu à son image. Dépité, il a oublié tous les bienfaits que le Seigneur lui a rendus. La mémoire de l’homme est certes courte, mais celle d’Israël l’est particulièrement. Il ne se souvient plus des grands faits liés à son salut : la sortie d’Egypte à travers la mer Rouge à pied sec, les signes prodigieux de la manne, des cailles et de l’eau jaillie du rocher. Toutefois le Seigneur n’est pas de nature à garder rancune contre son peuple. Au contraire, il se laisse attendrir et lui pardonne. Saint Paul a personnellement fait l’expérience de ce pardon lors de sa rencontre avec le Christ. Il peut donc en témoigner : « Je suis plein de reconnaissance pour celui qui me donne la force, Jésus Christ notre Seigneur, car il m’a fait confiance en me chargeant du ministère, moi qui autrefois ne savais que blasphémer, persécuter, insulter. Mais le Christ m’a pardonné [1] ».

Quel regard le Seigneur porte-t-il sur l’homme, en l’occurrence le pécheur ? A la lumière des lectures que la liturgie propose aujourd’hui à notre méditation, il est permis d’affirmer que Dieu ne culpabilise personne. Il ne veut pas enfermer l’homme dans ses péchés. Par ailleurs, il ne se réjouit pas des transgressions que nous avons commises contre lui et il ne s’en sert pas comme prétexte pour régler notre compte. Toutefois, l’amour que Dieu manifeste à l’homme ne peut en aucun cas être confondu avec un laxisme de sa part. En effet, sa colère dit, en langage humain, que le Dieu de sainteté ne peut tolérer le péché. C’est la face cachée de son amour passionné pour l’homme. Aussi vrai que le péché lui tourne le ventre, Dieu ne se détournera jamais de ses enfants. Il ne peut se contredire. Lié par sa parole et par ses actes, il se doit d’être fidèle à ses promesses dans le respect de ce qu’il est lui-même. Aussi ne cesse-t-il d’adresser aux hommes une invitation à reconnaître la gratuité de son amour dans leurs vies.

Dieu aime sans condition, librement et gratuitement. C’est ainsi qu’il manifeste la grandeur de son indicible amour. L’Evangile met en exergue cette dimension dans la parabole de l’enfant prodigue. Alors que le fils aîné s’est mis en colère et a refusé de s’associer à la joie des retrouvailles avec son frère, « mort et revenu à la vie [2] », le père accueille avec joie le fils prodigue et organise une grande fête en son honneur. Non seulement Dieu pardonne les péchés, mais il accueille encore sans arrière-pensée. Ses bras sont toujours ouverts dans une constante attitude d’hospitalité. Le père de la parabole l’atteste de trois manières significatives : le baiser, les chaussures et la bague. Par le baiser, le père signifie à son fils toute l’affection qu’il lui porte. A l’époque de Jésus, où les chaussures étaient la marque de l’homme libre, le père signifie par son geste que le fils n’est esclave de personne. Il est fils et reconnu comme tel par l’autorité qui lui a été conférée sur la maison paternelle par le don de la bague. Le pardon de Dieu restitue à l’homme sa dignité d’enfant et lui permet de retrouver sa place au sein de l’unité familiale.

Dans l’anticipation de cet amour qui nous comble de bonheur, faisons nôtre la prière d’ouverture à la liturgie d’aujourd’hui : « Dieu de longue patience, tu accueilles chacun de tes enfants et tu te réjouis de les rencontrer, sans autre motif que ton amour. Par la Parole du Christ, aide-nous à découvrir ton visage de père ».

[1] 1 Tm 1, 12-13.

[2] Lc 15, 24.

Publié le 14 septembre 2010 par Nestor Nongo Aziagbia