La mission aujourd’hui

Etre solidaire, c’est être attentif aux autres, à leurs besoins, à leurs soucis, à leur mal vivre et c’est aller vers eux pour vivre avec. C’est ce vivre avec qui a été et est encore une des principales motivations de la Mission. Non pas aller pour imposer une manière de voir ou de vivre ou pour apporter un tas de choses matérielles, mais tout simplement pour donner à ceux vers qui nous allons de pouvoir devenir des hommes debout à leur manière et selon leurs critères. C’est donc nous qui devons changer de lunettes et non pas ceux vers qui nous allons.

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Puits en Tanzanie.
Photo Jean-Marie Guillaume

Bien qu’ayant quitté le Togo depuis plus de 25 ans déjà (comme le temps passe !) je n’oublie pas, et j’essaye depuis trois ans de faire comprendre à un ancien de la JOC que ce n’est pas en venant en Europe qu’il pourra résoudre ses problèmes et ceux de sa famille, mais en utilisant à fond les quelques terrains que son père lui avait légués et qui dormaient en friche quelque part vers Palimé. Il a fallu une mise de fonds au départ, mais maintenant Gilbert a la fierté de pouvoir nourrir sa famille en cultivant. Il a même des projets d’extension d’élevage de poulets et il se sent intégré dans son nouveau village de brousse où ses conseils sont écoutés.

Ce n’est pas seulement avec ce qui se passe au loin que l’on peut être solidaire. La solidarité et la mission se passent aussi ici, autour de nous. Exerçant mon ministère dans une région sinistrée à la suite de la disparition de l’industrie textile, beaucoup de familles et de jeunes se rabattent sur les Restos du Cœur ou frappent au presbytère. Savoir accueillir et donner de son temps et de son écoute, à défaut de l’argent demandé, c’est aussi montrer que la personne qui vient est considérée pour elle-même et que ses soucis valent la peine qu’on se penche dessus.

La Solidarité et la Mission en fin de compte se résument très bien dans la belle formule de la JOC : « Etre proche de ceux qui sont loin sans être loin de ceux qui sont proches. »

Publié le 17 février 2011 par Claude Rémond