La mission de Robert Chopard-Lallier sma

« Il est important pour nous de faire mémoire du travail et de la vie du Père Robert Chopard-Lallier », m’écrivait sœur Rose Marie, lorsqu’elle me proposait de parler de lui. Le Père Robert, à la fin de son parcours terrestre, a été ramené au village, où tout a commencé. C’est ce qui arrive pour les Africains qui ont quitté leur village et ont fait carrière ailleurs : ils se font enterrer auprès de leurs ancêtres auxquels ils se sentent liés.
Venir au Chauffaud pour les sœurs de la Retraite Chrétienne qui sont parties, en tant que Congrégation, au Bénin, est comme un pèlerinage aux sources, un pèlerinage au tombeau du fondateur. Dans nos instituts religieux ou de vie apostolique, nous aimons revenir auprès de nos fondateurs, scruter leur personnalité, leurs écrits, afin de nous inspirer de leur foi et de leur détermination, reprendre force et courage pour continuer l’œuvre qu’ils ont entreprise avec beaucoup d’audace. « Robert, frère de nous tous, père de nous tous, tu as ensemencé nos vies, nos cœurs, notre amitié... Tu as ensemencé l’âme des jeunes qui t’ont vu vivre et mourir. Tu as enrichi l’âme de tes frères et sœurs. Aujourd’hui tu nous es précieux comme les reliques d’un saint [1]. »

Enraciné dans un terroir
Evoquer le travail, la vie et la vision missionnaire du Père Robert Chopard-Lallier est une tâche délicate, tant sa personnalité est riche... Je vais essayer de retracer les étapes de sa vie en même temps que son itinéraire spirituel à travers lequel nous le voyons mûrir et parvenir à un détachement total. Pour cela, je lui donnerai souvent la parole, reprenant quelques uns de ses textes dont la plupart a été recueillis dans le petit livre intitulé Le sarment qu’on émonde [2].
Le Père Robert Chopard Lallier était très attaché à son terroir natal qui l’a modelé, à sa famille, à son diocèse d’origine. Il fait partie de cette qualité d’hommes qui est sorti de la ferme comtoise Sur la Roche. Il fut un immense cadeau pour sa famille, pour le diocèse de Besançon, pour la Société des Missions Africaines, pour la République du Bénin, pour la préfecture apostolique de Parakou, pour les soeurs de la Retraite Chrétienne, pour l’Église toute entière. Membre de la Société des Missions Africaines, il a su mettre en pratique les grandes orientations missionnaires de son fondateur, Mgr de Marion Brésillac.

[1] René Bole-Reddat, Homélie des obsèques à Morteau le 23 juillet 1973,in Le Sarment qu’on émonde, p 99-100.

[2] Ce livre, de 128 pages, a été publié en 1985 sur l’initiative de l’abbé Jean-Marie Viennet et du Béninois Albert Tévoédjrè, homme politique et chrétien de renommée internationale, fondateur de l’Association Mondiale de la Perspective Sociale dont le siège est à Genève.

[3] Op. cit.,p 98.

[4] Le Dahomey est appelé Bénin depuis 1975.

Publié le 2 mars 2010 par Jean-Marie Guillaume