La mission du chrétien

14ième dimanche du temps ordinaire. Année B
Textes :
Ez 2, 2-5 ; 2 Co 12, 7-10 ; Mc 6, 1-6.

A quoi le Seigneur joue-t-il avec le prophète Ezéchiel ? Que lui veut-il ? Sûrement pas son bonheur ! Telle est l’impression qui se dégage des instructions que le Seigneur lui donne. Ce sentiment semble se justifier lorsque l’on considère la nature de la mission qui est dévolue au prophète. Le Seigneur est très explicite dans sa description. Il ne s’en cache pas. Il évoque sans ambiguïté les difficultés évidentes de cette mission : « Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël, vers ce peuple de rebelles qui s’est révolté contre moi. Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères se sont soulevés contre moi, et les fils ont le visage dur, et leur cœur obstiné. C’est à eux que je t’envoie [1]. »

Loin de voir dans cet épisode un piège que le Seigneur tend à Ezéchiel, il convient plutôt d’y lire la détermination de Dieu en faveur de l’homme. Tout en voulant son bien, Dieu ne s’impose pas à lui. Il l’accompagne dans les différentes phases de sa vie. Cette pédagogie empreinte de patience semble stérile et vouée à l’échec dès sa conception. Elle déçoit par sa lenteur et son manque de résultat immédiat. Le succès de l’entreprise ne se mesure pas tant par ses résultats que par la confiance que l’homme place dans le Seigneur qui réalise en lui ses œuvres. Ce sont les mêmes convictions qui habitent Paul lorsqu’il « accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes [2]. » Les échecs deviennent alors une occasion de témoigner de l’amour de Dieu.

Combien de fois ne sommes-nous pas portés au découragement lorsque nos projets sont contrariés ? Grande est la tentation d’abdiquer et de perdre cœur quand nous nous sentons incompris, rejetés ou que nos opinions ne sont pas partagées. Nous ressentons ces échecs comme une sanction à notre endroit et nous nous recroquevillons sur nous-mêmes. Nous nous enfermons tellement dans nos préoccupations et nos soucis mortifères au point de manquer de perspectives ouvertes vers l’avenir et porteuses de vie.

Les déceptions, les trahisons, les blessures et les rejets font certes partie de l’expérience humaine. C’est au cœur de cette douloureuse condition humaine que l’homme est appelé à témoigner de sa foi et à vivre de l’amour dans la confiance au Seigneur. A l’exemple de Paul, nous pouvons continuer à espérer la grâce de Dieu qui opère en nous malgré nos faiblesses : « Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse [3]. »

Fort de la confiance que le Seigneur place en nous, devenons les hérauts de la Bonne Nouvelle, les témoins de l’amour de Dieu et un signe d’espérance pour tant d’hommes et de femmes qui désespèrent de la vie et d’eux-mêmes.

[1] Ez 2, 3-4a.

[2] 2 Co 12, 10.

[3] 2 Co 12, 9a.

Publié le 7 juillet 2009 par Nestor Nongo Aziagbia