La nouveauté de Noël

1er Dimanche de l’Avent (C)
Textes : Jr 33, 14-16 ; 1 Th 3, 12-4, 2 ; Lc 21, 25-36

« Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées [1] ». Cette annonce de l’Evangile ne présage rien de bon. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il semble contredire l’espérance que veut susciter le Christ dans le cœur des hommes. Comment concilier donc la venue du Messie à ces catastrophes qui réduisent l’homme à l’ombre de lui-même ? L’annonce, par son caractère alarmiste et funeste, sape la confiance que l’homme peut avoir en lui-même. Cette attitude s’inscrit dans la description apocalyptique de la venue du Messie, laquelle est précédée de cataclysmes qui font peur. Beaucoup de gens sans scrupule et de faux prophètes profitent alors de ces images pour exploiter la naïveté de leurs frères et de leur appréhension par rapport à la venue du Seigneur qui, selon les expressions des prophètes de l’Ancien Testament, sera terrible : jour de malheur et de jugement.

Contrairement à ce que l’on peut penser, n’oublions pas que le genre apocalyptique n’a rien d’effrayant. Il porte essentiellement un message d’espérance et de confiance dans le Seigneur. C’est la manifestation ou la révélation de l’amour de Dieu aux hommes. Dans les troubles qui l’affectent, l’homme est invité à se confier à l’amour du Père qui le porte de bout en bout et ne l’abandonne jamais. Aussi est-il exhorté à vivre de cet amour dans le quotidien de sa vie et dans les relations qu’il entretient avec ses frères. C’est en ce sens qu’il faut comprendre l’exhortation que saint Paul adresse aux chrétiens de Thessalonique : « Que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant, comme celui que nous avons pour vous… Faites donc de nouveaux progrès, nous vous en prions, frères [2] ».

C’est en ce sens que nous pouvons comprendre la nouveauté de Noël que nous célébrons chaque année. Loin d’être un éternel recommencement, cette célébration est pour tout homme une invitation à aller plus loin dans la manifestation de l’amour de Dieu à nos frères, à tous ceux qui partagent notre vie et à ceux dont les pas croisent notre route. Aussi les quatre dimanches du temps de l’Avent nous préparent-ils à vivre intensément ce moment de grâce où Dieu, en son Fils Jésus-Christ, s’invite dans nos vies. Nous sommes par ailleurs invités à avancer toujours plus loin sur le chemin de l’amour et de l’amitié. L’exhortation de saint Paul est à cet effet très explicite : « Faites donc de nouveaux progrès ».

En quoi doivent consister nos efforts en ce temps de l’Avent ? Quels sont les domaines dans lesquels nous devons davantage nous investir ? Chacun, en ce qui le concerne, répondra à cette question. Toutefois le prophète Jérémie et le psaume 24 nous ouvrent certaines perspectives fondées sur la justice, la vérité et l’amour. L’attente du Messie prendra alors tout son sens si nous sommes capables d’aller au-delà de nos doutes et de nos craintes pour mettre en valeur le projet de bonheur que le Seigneur a enfoui dans nos cœurs.

[1] Lc 21, 25-26.

[2] 1 Th 3, 12 ; 4, 1b.

Publié le 30 novembre 2009 par Nestor Nongo Aziagbia