La prière et le pouvoir de l’intercession

17ième dimanche ordinaire
Textes : Gn 18, 20-32 ; Col 2, 12-14 ; Lc 11, 1-13

La prière est une caractéristique fondamentale de la vie de Jésus et des relations qu’il a entretenues avec son Père. Elle a ponctué toute sa vie. En effet, avant chaque grande décision, il s’est retiré de la foule pour prier et invoquer Dieu dans une attitude d’écoute à la voix du Père. Il a cherché en toute chose à discerner la volonté de ce dernier afin de mieux s’y conformer. La prière lui a donc permis de développer son intimité avec Dieu dans une relation de cœur à cœur. Il n’est donc pas étonnant qu’il réponde à la requête de ses disciples en les introduisant à la familiarité qui le lie à son Père.

La structure de cette grande prière que Jésus a enseignée à ses disciples nous place d’emblée dans une relation privilégiée avec Dieu. Il cesse d’être le Créateur investi de toute-puissance et de majesté. D’un être lointain, il se fait proche de nous. Il n’est plus indifférent aux préoccupations des hommes. Il porte un intérêt particulier à leurs conditions de vie. Jésus le révèle désormais sous les traits d’un père compatissant qui est proche de ses enfants. C’est ce qui explique, au début de cette prière, l’invocation du « Père » dont l’implication s’impose dans la proximité. La suite de la prière le montre à merveille.

Par la demande pour le pain de chaque jour, l’homme manifeste sa dépendance de la nature, des autres et ultimement de Dieu qui, à chaque instant, nous donne d’exister. Le Père satisfait ainsi les besoins essentiels de tout homme qui se tourne vers lui dans la confiance. L’homme se reçoit de Dieu comme un don. La vraie prière ne consiste pas seulement à demander la nourriture pour vivre. Dieu s’en préoccupe sans même que nous ayons à nous en soucier. C’est d’ailleurs la promesse que Jésus a faite à ses disciples avant de leur enseigner la prière du Notre Père selon la version de saint Mathieu : « Votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l’ayez demandé [1] ».

La prière nous ouvre donc aux besoins de nos frères et sœurs. Elle nous rend solidaires des hommes de notre temps. C’est pourquoi l’établissement du Royaume de Dieu ne saurait véritablement se faire sans le pardon mutuel. Alors que notre existence est marquée par la fragilité, le pardon nous libère des entraves de nos péchés et nous remet inéluctablement sur le chemin de l’amour. C’est en ce sens qu’Abraham avait marchandé avec le Seigneur, jouant le rôle d’intercesseur au profit des habitants de Sodome et de Gomorrhe jusqu’à ce que l’indulgence de Dieu les sauve.

Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est l’audace d’Abraham. Sans vraiment contester le fondement du jugement que le Seigneur voulait conduire contre Sodome à cause des nombreuses fautes de ses habitants, Abraham en a par contre appelé à la justice même de Dieu. Le Seigneur oserait-il se renier lui-même ? Va-t-il détruire en même temps le méchant et le juste ? Il n’en est rien. Sa bonté le porte vers les pauvres à qui il pardonne sans condition. En effet, ce Dieu qui est si proche des hommes demeure attentif aux prières, aux supplications et aux suppliques de ses enfants. Rendons grâce à Dieu notre Père, pour son Fils Jésus Christ qui, par sa mort et sa résurrection, a pardonné nos péchés et nous a fait vivre de sa vie. Il nous a révélé que tu es Père et il nous a appris à te prier.

[1] Mt 6, 8.

Publié le 26 juillet 2010 par Nestor Nongo Aziagbia