La reconnaissance du Messie

Dimanche des Rameaux
Textes : Lc 19, 28-40 ; Is 50, 4-7 ; Ph 2, 6-11 ; Lc 2, 1-23, 56

Le dimanche des rameaux ouvre la grande célébration de la semaine sainte. Ce temps de grâce déploie en condensé tout le mystère de l’amour de Dieu manifesté en son Fils, Jésus-Christ. C’est comme si le croyant assistait à la représentation de la vie de Jésus qui se donne pour que l’homme vive. Par la sainte cène, il se donne comme le pain de vie et rappelle par ailleurs la nécessité de se mettre au service les uns des autres. Dans le don de sa vie livrée sur le bois de la croix, il rachète l’homme de ses péchés et le réconcilie avec Dieu et avec ses frères. Par sa résurrection d’entre les morts, il le fait participer à la vie même de Dieu. Tel est l’événement que l’Eglise s’apprête à célébrer en ce temps pascal.

Loin de la passion de Jésus qui est célébrée le vendredi saint, le dimanche des rameaux commémore son entrée triomphale à Jérusalem. Jésus est reconnu dans sa mission comme l’envoyé de Dieu, le Messie qui vient de la part du Seigneur. Les jubilations et les clameurs de la foule en attestent : « Béni soit celui qui vient, lui, notre Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux [1] ! » Jésus réalise ainsi la prophétie de Zacharie : « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne, un âne tout jeune [2] ». Au-delà des polémiques qu’a suscitées le ministère de Jésus et des rivalités qui l’ont opposé à plusieurs reprises aux scribes et aux pharisiens, la foule des disciples ne se trompe guère à son sujet. Cet homme qui réalise des prodiges indicibles n’est pas un prophète comme les autres. C’est le Messie de Dieu. Il est le libérateur tant attendu et le rédempteur des péchés. Il représente pour l’homme l’espoir du salut dans le royaume de Dieu.

La foule enjouée qui criait avec excitation et ferveur « Hosanna, au Fils de David » le savait. De la supplique, « sauve maintenant » ou encore « sauve, nous t’en prions » comme l’exprimait l’étymologie hébraïque, le mot vient à désigner dans le contexte de l’entrée de Jésus à Jérusalem une exclamation de joie. La foule en liesse laisse déborder son allégresse dans l’espoir que Jésus va rétablir le royaume de David en chassant l’envahisseur romain. Plus que la réalisation d’une attente politique, la célébration des rameaux rappelle un triple événement, à savoir l’entrée dans le mystère pascal, l’aujourd’hui du salut et la marche à la suite du Christ.

Cette joie débordante se manifeste dans l’immense accueil que la foule réserve à Jésus. « Les gens étendaient leurs vêtements sur le chemin [3] ». Saint Marc ajoute qu’ils « y mirent aussi des branches vertes qu’ils avaient coupées dans la campagne [4] ». La célébration des rameaux ne saurait nous laisser indifférents dans l’expression de notre foi. La reconnaissance de Jésus comme Fils de Dieu et la joie qui s’ensuit doit se traduire en actes dans l’accueil réciproque que nous faisons les uns aux autres. Cet accueil se fonde sur celui que nous devons faire aujourd’hui au Christ dans nos villes, nos quartiers, nos maisons, voire dans nos cœurs. Dans ce contexte particulier, on ne saurait oublier la mise en garde de Jésus. Nous serons jugés sur notre capacité à accueillir l’autre, à lui faire de la place, à le soutenir. Comme nous ouvrons les portes de notre cœur à Jésus, il nous exhorte à faire de même à nos frères et sœurs. Aussi la marche vers Jérusalem nous rend-elle attentifs à leurs besoins. Quand nous chantons « Hosanna, au fils de David », nous nous engageons à rouler la pierre du tombeau afin de laisser émerger la vie de Dieu qui nous inonde de sa lumière et nous comble de sa joie. Hosanna, au fils de David. Béni sois-tu, Seigneur !

[1] Lc 19, 38

[2] Za 9, 9

[3] Lc 19, 36

[4] Mc 11, 8

Publié le 29 mars 2010 par Nestor Nongo Aziagbia