La reconnaissance du Ressuscité

3ième dimanche de Pâques
Textes : Ac 5, 27b-32.40b-41 ; Ap 5, 11-14 ; Jn 21, 1-19

Voilà un fait qui ne manquera certainement pas de surprendre. Les disciples qui ont partagé la vie de Jésus durant trois années n’ont pas su le reconnaître. Comment peut-on logiquement en rendre compte ? Leurs yeux étaient comme fermés à l’évidence de la présence de Jésus, qu’ils prenaient pour un inconnu : « Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui [1] ». Après avoir déployé beaucoup d’effort toute la nuit, les disciples sont rentrés bredouilles de leur partie de pêche. Ils furent cependant interpellés par cet étranger qui leur demanda un peu de poisson. Se moquait-t-il d’eux ? N’avait-il pas vu que leur pêche était infructueuse ? Ou était-il aveugle ? Il n’en était rien. Disons plutôt que Jésus cherchait à engager la conversation avec ses amis et à se faire reconnaître d’eux.

En dépit des peines qu’ils se sont données, et malgré le cuisant échec de leur tentative nocturne, les disciples ont suivi l’avis de cet étranger. Ils étaient bien placés pour le savoir, eux qui étaient pourtant des pêcheurs de profession. Ils ont toutefois obtempéré lorsque Jésus leur a demandé de jeter le filet à droite de la barque. Quelle ne fut pas leur surprise ! Ils n’arrivaient plus à ramener le filet à terre tant il y avait de poissons. Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. A ce geste, les yeux de Jean s’ouvrirent. Comme au matin de Pâques, il sut décoder le message. Il reconnut soudainement en cet homme le Ressuscité : « C’est le Seigneur [2] », s’exclama-t-il.

Dans la reconnaissance du Messie, les apôtres étaient désormais en confiance, ils n’avaient plus peur. Aussi Pierre se précipita-t-il vers le Christ, suivi de ses compagnons. Ils ne se posèrent plus de question quant à l’identité de cette personne qui les invita au repas. Ils en avaient la certitude. « Ils savaient que c’était le Seigneur [3] ».

Quelle splendide occasion pour se remémorer de beaux souvenirs ! Allait-il dissiper leurs doutes et leurs craintes ? Le récit est assez discret à ce sujet. Néanmoins, le signe de la pêche miraculeuse et du repas a éveillé les apôtres à la foi et les a disposés à s’engager à la suite du Christ. Ils ont fait ainsi un cheminement qui les a menés à la reconnaissance du Ressuscité. Ils sont non seulement entrés dans le mystère de la résurrection du Fils de Dieu, mais ils peuvent dorénavant se prévaloir de son intimité. Telles sont les conditions que le Christ exigea de Pierre avant de lui confier la mission de paître son troupeau. Le Ressuscité ne s’est pas trop attardé sur les trahisons de son ami. Ce qui importe avant tout, c’est l’amour que Pierre manifeste à son égard. C’est pourquoi il lui demande à trois reprises : « Pierre, m’aimes-tu [4] ? » Pierre ne s’enferme pas dans son infidélité, et moins encore dans sa fragilité. Porté par la confiance que le Ressuscité lui a manifestée, il ne peut que répondre à cet amour par sa grande déclaration d’amour : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais [5] ».

Le récit de la pêche miraculeuse témoigne de l’indéfectible fidélité de Dieu à l’égard de l’homme. Il ne change pas en fonction de nos caprices. Il continue d’agir avec nous, pauvres et pécheurs, de la même manière. Sa confiance envers nous est plus grande que nos péchés. Il nous réhabilite par son amour et nous en fait témoins auprès de nos frères et sœurs. Telle est la mission qui nous est désormais dévolue au nom de celui qui a l’autorité sur « toutes les créatures au ciel, sur terre, sous terre et sur mer [6] ».

[1] Jn 21, 4.

[2] Jn 21, 7a.

[3] Jn 21, 12b

[4] Jn 21, 15-17.

[5] Jn 21, 15-17.

[6] Ap 5, 13

Publié le 19 avril 2010 par Nestor Nongo Aziagbia