La sollicitude de Dieu

16ième dimanche du temps ordinaire
Textes : Jr 23, 1-6 ; Ep 2, 13-18 ; Mc 6, 30-34

Au Proche-Orient ancien, le berger ou le pasteur n’était pas seulement quelqu’un qui s’occupait des bêtes ou des troupeaux. Il était aussi une figure traditionnelle du guide politique ou religieux. C’était celui à qui incombait la responsabilité de conduire tout un peuple, de veiller sur lui et de pourvoir à ses besoins vitaux en matière de sécurité.

Or l’expérience du peuple d’Israël a bien des fois prouvé que les guides politiques et religieux n’étaient pas souvent à la hauteur de leurs responsabilités et de la confiance que le Seigneur avait placée en eux. Les prophètes n’hésitaient pas à les critiquer et à dénoncer leurs exactions vis-à-vis du peuple. Leurs abus de pouvoir étaient sévèrement fustigés :
« Malheur aux bergers d’Israël qui sont bergers pour eux-mêmes !... Vous buvez le lait des brebis, vous vous êtes habillés avec leur laine, vous égorgez les brebis grasses, vous n’êtes pas bergers pour le troupeau. Vous n’avez pas rendu des forces à la brebis chétive, soigné celle qui était faible, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue. Mais vous les avez gouvernées avec violence et dureté [1]. »
« Misérables bergers, qui laissent périr et se disperser les brebis de mon pâturage ! [2]. »

Plus de deux mille ans après, on ne saurait vraiment dire que notre société s’est particulièrement distinguée sur ces questions de respect des droits fondamentaux de l’homme. Les systèmes politiques et économiques semblent mieux garantir les intérêts des grands au détriment des plus démunis. Voilà le contexte dans lequel les chrétiens sont conviés à témoigner de leur foi et à être des guides éclairés et téméraires pour leurs frères et sœurs.
Comment exprimons-nous notre sollicitude aux rebuts des différents systèmes qui régissent notre monde par la force, la violence et le pouvoir de l’argent ? Quelle lumière rayonnons-nous dans le monde qui nous environne ? Pour faire régner la justice, triompher la vérité, éclore un monde épris de fraternité, le Seigneur nous choisit aujourd’hui et nous confie la délicate mission d’être des guides selon son cœur :
« Je leur donnerai des pasteurs qui les conduiront ; elles ne seront plus apeurées et accablées, et aucune ne sera perdue, déclare le Seigneur [3]. »

Telle est l’intention de Dieu pour son peuple : établir un climat de confiance où le peuple peut se réaliser en toute quiétude. Comment contribuons-nous à rendre ce monde une meilleure place et un havre de paix ? Quel type de guides sommes-nous et pour quelle société ? Telles sont les questions auxquelles la liturgie nous invite aujourd’hui à réfléchir. La qualité de notre témoignage dépend des convictions qui nous habitent. C’est ainsi que nous pourrons faire un impact positif sur ceux qui nous entourent et signifier par notre engagement la qualité du leadership que souhaite instituer le Seigneur.

[1] Ez 34, 2b-4.

[2] Jr 23, 1.

[3] Jr 23, 4.

Publié le 20 juillet 2009 par Nestor Nongo Aziagbia