La sollicitude du Père.

A partir des textes du quatrième dimanche de Pâques de l’année B, 3 mai 2009 :
1e lecture : Ac 4, 8-12.
2e lecture : 1 Jn 3, 1-12.
Evangile : Jn 10, 11-18.

Les risques qu’encourait le berger des prédateurs et des hors la loi, l’affection avec laquelle il entourait son troupeau faisaient en sorte que cette fonction exprimait davantage la sollicitude de Dieu à l’égard du peuple d’Israël. Aussi le peuple identifiait-il le Seigneur au bon berger ou au pasteur d’Israël comme le chante le psaume avec confiance : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien… Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me rassure [1] ».

Cette même confiance a été placée dans les lieutenants de Dieu, c’est-à-dire des hommes qui ont été choisis pour guider et accompagner le peuple. C’est alors que les rois et surtout les chefs religieux jouissaient de cet attribut divin. Ils avaient le devoir de veiller à l’intégrité du peuple dont la charge pastorale leur fut confiée. C’est d’ailleurs ce qui explique le titre de pasteur que portent encore aujourd’hui les évêques dans leur Église diocésaine. Ils sont facteurs d’unité, de sécurité et d’épanouissement pour ceux qui se laissent conduire dans la sérénité.

Mis il arrive malheureusement que les bergers auxquels le Seigneur a confié son peuple n’en portent pas assez ou pas du tout le souci. Ils s’en servent bien au contraire à leur propre profit. Les prophètes n’ont cessé de décrier cette attitude qui n’était pas en conformité avec la volonté de Dieu : « Fils d’homme, parle en prophète contre les bergers d’Israël, parle en prophète pour leur dire ceci : Parole du Seigneur Dieu : Malheur aux bergers d’Israël qui sont bergers pour eux-mêmes ! N’est-ce pas pour les brebis qu’ils sont bergers ? Au contraire ! Vous buvez leur lait, vous vous êtes habillés avec leur laine, vous égorgez les brebis grasses, vous n’êtes pas bergers pour le troupeau. Vous n’avez pas rendu des forces à la brebis chétive, soigné celle qui était faible, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue. Mais vous les avez gouvernées avec violence et dureté [2]. »

Le Seigneur ne se contente pas seulement de dénoncer cet état de fait. Il propose de faire rétablir l’ordre sous le commandement d’un roi qu’il choisira dans la descendance de David. C’est Jésus qui vient réaliser, en sa personne, cette promesse de Dieu. Il est la manifestation de la bonté de Dieu à l’égard des hommes : il prend soin des faibles et des désespérés, soigne les malades et va à la recherche de ceux qui sont perdus. Dans sa mort, il donne la vie aux hommes. C’est pourquoi Pierre peut lui attribuer le miracle qu’il vient de réaliser en guérissant un infirme [3].

Contre les valeurs de l’individualisme, de l’exploitation de l’autre comme il apparaît dans la gestion des crises économiques qui affectent nos sociétés aujourd’hui, la Parole de Dieu nous invite à devenir la voix des sans voix, à nous engager pour le respect et la protection des droits des plus faibles. C’est seulement de cette manière que l’homme peut être reconnu dans sa dignité d’enfant de Dieu comme le rappelle saint Jean dans la deuxième lecture.

[1] Ps 23, 1.4.

[2] Ez 34, 2-4.

[3] Ac 4, 10-12.

Publié le 4 mai 2009 par Nestor Nongo Aziagbia