Laissez-vous conduire par l’Esprit

13ième dimanche ordinaire
Textes : 1 R 19, 16b.19-21 ; Ga 5, 1.13-18 ; Lc 9, 51-62

Les encouragements que saint Paul adresse dans cette lettre aux Galates font penser à une exhortation éthique. Il leur définit la manière de se comporter pour plaire au Seigneur. Ce sont donc les exigences de la vie dans le Seigneur. Dans cette perspective, Paul oppose à la liberté la loi. Alors que la dernière conduit à l’égoïsme, à la débauche et aux tendances de la chair, la liberté sous la conduite de l’Esprit de Dieu ouvre aux besoins des autres. Aussi les hommes se mettent-ils, par amour, au service les uns des autres. Celui qui vit dans le Seigneur n’est pas tourné vers lui-même, mais il est sensible à l’appel de l’Esprit et est prompt à y répondre.

La promptitude à l’appel de Dieu est souvent confrontée aux désagréments de la vie et nécessite de la part de l’homme un total détachement. Suivre le Christ n’est pas la garantie d’une reconnaissance sociale où l’on vous accueille les bras ouverts avec tous les honneurs en vous déroulant partout le tapis rouge. Les disciples en ont fait la douloureuse expérience. Ils ont essuyé un refus catégorique des Samaritains qui ne leur ont pas accordé l’hospitalité au moment où ils montaient à Jérusalem. L’indignation des apôtres a été grande, au point que Jacques et Jean ont voulu détruire ces minables Samaritains.

Toutefois, en dépit de ce désir insatiable de vengeance, Jésus rappelle aux disciples les exigences de l’appel qu’il leur adresse :
Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête [1].
2].
Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu [3].

Il se dégage de ces orientations d’énormes risques, qui sont rendus par un choix courageux et radical : le détachement de tout lien qui asservisse l’homme et l’acceptation d’une certaine précarité. Se mettre à la suite de Jésus demande le renoncement au confort matériel et aux affections familiales. C’est donc l’exigence d’un attachement total à la personne du Christ qui appelle les hommes à son service. En effet, l’absolu de l’attachement à la personne de Jésus et à son royaume caractérise les appels évangéliques. La promptitude de la réponse à cette vocation s’exprime par le désir de changer de vie, comme le fit Elisée en immolant ses bœufs et en détruisant son attelage.

Au-delà de la fragilité humaine, le Christ s’intéresse à la disponibilité de l’homme et à sa fidélité à l’appel de Dieu. Dans l’écoute assidue de la volonté de Dieu, chacun est désormais invité à répondre en toute liberté à sa parole et à en vivre les exigences dans les choix qui déterminent sa vie. Répondant à cet appel de Jésus, l’homme entreprend avec courage de se détourner des forces qui peuvent l’enliser et l’empêcher de poursuivre résolument le chemin vers la vraie vie. Aussi demandons au Seigneur la grâce d’être en vérité des disciples du Christ, d’entendre ses appels et d’avoir le courage de suivre sur le chemin de la vie celui qui fait alliance avec les hommes.

[1] Lc 9, 58.

[2] Lc 9, 60.

[3] Lc 9, 62.

Publié le 28 juin 2010 par Nestor Nongo Aziagbia