Laissez-vous réconcilier avec Dieu

Le mercredi de Pâques les confrères sma de la Région Togo, étaient réunis à la maison régionale de Bé autour du Père Jean-Paul Eschlimann, Supérieur de District de Stras-bourg. A cette occasion, le Père Bernard Bardouillet a animé une récollection dont Rallie-ment vous offre l’essentiel.

Pour notre réflexion, partons d’une constatation

Nous vivons dans un monde qui a besoin d’être réconcilié. Je vous laisse, chacun, re-garder autour de vous : l’actualité, nos communautés, nos familles, notre pays.

« Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ . Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu. » (2 Cor 5,1-20)

Nous venons de revivre le mystère pascal qui est la victoire de la Lumière sur les ténè-bres, la victoire de l’Amour sur la haine. Jésus est l’unique pont qui réconcilie le ciel et la terre. Si l’Esprit du mal est par excellence le diviseur, le jaloux, Jésus, par contre, est celui qui rassemble et qui unit. Le grand combat entre le Bien et le Mal remonte à l’ori-gine du monde, depuis que les humains se combattent. Caïn et Abel en sont la première illustration, rapportée par la Bible.

A l’heure voulue par Dieu, Jésus est venu sur terre et il est entré dans ce combat, coura-geusement et librement. Un jour, il s’adresse aux douze, ses intimes : « voici que nous montons à Jérusalem ... » Jésus leur laisse entrevoir son combat ...
Il avait aussi prophétisé : « Lorsque j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes . » Et Jésus a payé le prix fort de notre réconciliation avec Dieu son Père. Jésus, le ré-conciliateur, Caïphe l’avait annoncé par une parole prophétique : « il fallait que Jésus meure pour la nation, non seulement pour elle, mais pour réunir dans l’unité les en-fants de Dieu qui sont dispersés » ( Jean XI 51-52 ).

Jésus vient donc rassembler, réconcilier et, à sa suite, tout baptisé, tout missionnaire bien sûr revit le mystère pascal dans sa propre vie en quelque sorte, et il devient ainsi un rassembleur, un faiseur de paix. Nous lisons dans la 1ère lettre de St Pierre : « vous avez été rachetés, non pas par de l’argent et de l’or, mais par un sang précieux » (1 Pierre 1,18-19).

Jésus nous trace le chemin

Dans l’évangile, Jésus parle continuellement de pardon, d’amour et il nous trace le che-min.

Quelques passages d’évangile pour nourrir notre méditation :

Matthieu V, 39 : Si l’on te frappe sur la joue droite, présente lui l’autre aus-si...
Matthieu V, 44 : Aimez vos ennemis…
Matthieu XXV 31-45 : le ju-gement dernier
Luc XV 1-32 : il y aura plus de joie pour un seul pécheur qui se convertit…
Luc XIX 1-10 : Zachée
Jean XV, 1-17 : Je suis la vraie vigne... v. 16 que vous portiez du fruit … v. 17 Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres.

Jésus établit un lien profond entre « porter du fruit » et « aimer ».
Jésus n’énu-mère pas un catalogue d’interdits, mais il parle de façon positive : désormais, aimez !

Charité fraternelle et amour filial

Tout amour a sa source en Dieu. Pour nous, chrétiens la croix est le signe suprême de l’amour de Dieu pour nous. La croix (le vertical et l’horizontal) résume parfaitement ces deux amours, filial et fraternel. L’amour filial : « ce que veut mon Père, je le fais ». L’amour fraternel : « Je donne ma vie pour mes brebis ».

Sur la croix, Jésus a vécu en plénitude ces deux amours. Il est le Roi, le Christ-Roi, le vainqueur de la haine, du péché et de la mort. Ce qui nous stimule dans notre action missionnaire, c’est que Jésus a été passionné d’amour pour son père, tout en étant passionné pour tous les hommes, ses frères. Amour visible, Amour invisible. Si l’amour est invisible, il est pourtant vécu de façon visible (cf. le manguier : la sève et les fruits) « si je dis : j’aime Dieu et que je n’aime pas mon frère... » Parlant des faux prophètes qui allaient et venaient déjà de son temps, Jésus nous dit : « vous les recon-naîtrez à leurs fruits ».

Le plus bel exemple de l’amour parfait : La Sainte Trinité

Dieu est Amour : c’est pour cela qu’il est famille. Car l’amour a besoin de se dire, de se donner, de partager, de se communiquer dans un autre, pour donner nais-sance à un autre. Dieu se donne totalement en son Fils, dans l’Amour de l’Esprit-Saint... Nous aussi, à travers nos activités, nous trouvons notre joie dans le don : plus on se donne, plus Dieu se donne.

Avec Jésus, on passe de l’interdiction au positif : ce n’est plus « tu ne feras pas » mais « fais ...aime ». L’amour invisible, l’amour visible : on juge donc le chrétien sur l’amour visible, l’amour fraternel. (Cf. « voyez comme ils s’aiment ! »)

On peut ainsi affirmer que, là où il n’y a pas d’amour fraternel, l’amour de Dieu est certainement inexistant, et notre témoignage missionnaire se réduit à de la pous-sière. (…)

Le témoignage de Jésus

Question : « quel est le premier commandement ? »… « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu ... » L’amour de Dieu, l’amour des frères. La réunion des deux amours, c’est l’es-prit chrétien.

Les premiers chrétiens ont pratiqué ces deux amours à un tel degré que leur influence a été énorme sur les païens de l’époque. C’est pour cela que les Apôtres, formés par Jésus lui-même et l’Esprit Saint ne prêchaient que cela : « Aimez-vous ! »

« Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. » 1 Jean 3, 14. Face aux slogans faci-les, aux désordres ambiants, le chrétien s’efforce de remonter « à contre-courant » « vous êtes dans le monde, mais pas du monde ». Et, non seulement Jésus ne se contente pas de parler que de pardon, d’amour, mais surtout il le vit.

A Gethsémani, Jésus a ce mot bouleversant : « mon ami, fais ta besogne ». Sur la croix : « Père, pardonne-leur… ». Dans le « Notre Père » : « Pardonne-nous ... comme nous pardonnons ». Et dans les Béatitudes, le testament de Jésus : « Bienheureux les miséricordieux… »

La nécessité du pardon, de la réconciliation

Quelques citations : « Va d’abord te réconcilier ... »
Matt IX 13 : « c’est la miséri-corde que je veux et non les sacrifices ... » La visite de Jean-Paul II à son tueur ...

Je termine avec un mot de St Jean Chrysostome : « Si les premiers chrétiens n’avaient pas vécu la charité entre eux, l’unité et le message du Christ auraient été interceptés dès la première génération, et le message n’aurait jamais passé. »

Bernard BARDOUILLET

Ralliement 3-08

Publié le 1er décembre 2008 par Bernard Bardouillet