Le P. Alexis, un ami du Togo et des SMA

Le Père Alexis Oliger, ofm, qui, résidait dernièrement à la Fraternité de Metz-Borny, est décédé le 8 octobre 2010 à Bad-Aibling (Allemagne), à l’âge de 87 ans. Ses funérailles ont été célébrées le samedi 16 octobre au sanctuaire de Notre-Dame-de-Bonne-Fontaine, suivies de l’inhumation au cimetière de Bonne-Fontaine. Le Ministre Provincial était entouré de nombreux prêtres, franciscains, sma, « fidei donum » et diocésains... Son neveu, Roger Marchal, membre du Conseil général ofm à Rome, a prononcé l’homélie dont voici quelques extraits.

« La vie du Frère Alexis a été une réponse à l’appel du Seigneur. Il n’a pas hésité, à la suite de ses deux frères prêtres, Alex et Rémy, à suivre le Christ avec enthousiasme et une ardeur toute, évangélique.

Trois choix essentiels vont se dessiner au cœur de cette vocation franciscaine : la mission « ad gentes », la musique liturgique et la presse missionnaire.

C’est peu de temps après son ordination sacerdotale, en 1956, qu’il quitte le collège Saint-Antoine de Phalsbourg, pour partir au Togo, où allait démarrer la mission franciscaine, d’abord à Lomé, puis au Nord à Dapaong. Il s’y est engagé à fond : pastorale des jeunes, JOC, presse, et courses épuisantes à travers le pays… La vie missionnaire au Togo, pendant près de 20 ans, a été le phare de sa vie ! Que n’a-t-il prêché et parlé sur le Togo ! Longtemps encore après son retour de mission, il a gardé des liens étroits avec ses chers Togolais, avec l’Église du Togo et ses nombreux amis là-bas...

Le deuxième don reçu était celui de la musique liturgique. Très jeune encore, ce don s’exercera chez lui de façon naturelle. Jusque ces dernières années, il a composé des chants religieux. Ses nombreux disques, cassettes et CD réalisés pour chœur, orgue et cora, à la gloire de Dieu et chantés joyeusement en l’honneur de la Vierge Marie, avec les textes de Saint-François, résonnent encore à nos oreilles et continueront longtemps à accompagner notre prière [1]. Son souci d’une liturgie simple et belle se réalisera aussi en ce sanctuaire vénérable de Bonne-Fontaine, où il a fait des séjours successifs et où il a voulu reposer.

Troisième choix qui a orienté la vie de notre Frère : l’Evangélisation par la presse franciscaine et missionnaire. Assez au début de sa vie missionnaire à Lomé, il fonde, à la demande de Mgr Strebler, la revue Présence Chrétienne qui existe toujours et qui vient de fêter son cinquantenaire. Cette revue de liaison pour les jeunes de la JOC, qui était sa fierté, va largement dépasser les frontières de ce mouvement et sera lue dans tout le Togo, mais aussi par delà les frontières ! En 1973, on fera appel à lui pour relancer au Sénégal la revue Afrique Nouvelle.
Plus tard, ici, à Bonne Fontaine, puis à Metz et Phalsbourg, ses supérieurs religieux le chargeront de reprendre les revues franciscaines et missionnaires de la Province. L’Almanach de Saint-François et le Messager de Saint-Antoine seront les revues par lesquelles, grâce aux abonnements et au porte-à-porte, Alexis sera en lien avec beaucoup de monde, dans la grande région Est : une autre manière d’être prédicateur et missionnaire itinérant ; un véritable apostolat !

Son caractère entier et impulsif, fougueux même, lui avait valu le surnom, au Togo, de Fada vitesse (Père vitesse). Il ne ménageait pas sa peine car, sous ce tempérament énergique, à l’« emporte-pièce », battait véritablement un cœur d’or. En fraternité, il n’était pas toujours facile de vivre avec lui, il lui arrivait de s’emporter mais, rapidement, son bon cœur reprenait le dessus. Nombreux sont les témoignages de ceux qu’il a écoutés, conseillés, encouragés...

Pour finir, je vous laisse ces paroles que le Père Alexis a écrites il y a quelques semaines : J’ai beaucoup reçu de Dieu et des frères ; que mes frères humains en soient remerciés et que Dieu soit loué et connu par eux ! 

Roger Marchal, ofm

[1] Ses premiers disques ont été enregistrés dans les années 1979/1980 avec la chorale des Missions des Missions Africaines de Haguenau, sous la direction de André Deutsch, avec, à l’orgue, le Père Pie Seiler (ndlr).

Publié le 17 février 2011 par Roger Marchal