Le P. Eugène Woelffel, un artiste en mission

Eugène Woelffel est un artiste du District SMA de Srrasbourg.

Eugène Woelffel est né en 1910 à Stutzheim, mais il a passé son enfance à Molsheim. Ordonné prêtre en 1934, il est nommé pour la mission au Togo et part à la fin de cette même année. Il travaille d’abord à la paroisse de la cathédrale de Lomé, et devient en janvier 1935 vicaire de la nouvelle paroisse de St-Augustin d’Amoutivé. Puis, vicaire à la mission d’Atakpamé en 1937, il en devient Supérieur en 1939. La guerre le mobilise à Ouidah, mais les missionnaires sont rapidement démobilisés. Il rejoint Atakpamé, puis Amoutivé, et devient Supérieur de la mission de Tsévié en 1946. Deux ans plus tard, il reprend la direction de la mission d’Atakpamé, mais il tombe malade en 1952 et doit renoncer à l’Afrique. En 1958, il prend la charge d’aumônier de la maison Ste-Richarde à Andlau. Il meurt à Sélestat en 1992.

Les peintures

Le P. Woelffel a décoré les murs de la nouvelle église d’Amoutivé. Lors de son séjour en Alsace en 1948, une lettre de Mgr Strebler l’invite à collaborer à une exposition qui doit se tenir à Rome. Le P. Woelffel offre quelques tableaux au Secrétaire de la Sacrée Congrégation de la Propagande ; ils seront présentés lors de l’exposition d’Art Sacré Missionnaire qui se tint à Rome en 1950. A l’occasion du 80e anniversaire de Paul VI, en 1977, l’un de ses tableaux figure parmi les œuvres d’art exposées. En 1988, les Postes Vaticanes ont émis un timbre représentant une Annonciation peinte en style africain par le P. Woelffel.

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Le timbre du Vatican.

D’une vaste culture artistique, sa curiosité d’esprit le poussait à s’intéresser à tous les styles. Dans ses peintures, sa manière, entre impressionnisme et fauvisme, exploite les riches couleurs de l’Afrique et ses contrastes [1]. Le pointillisme lui permet de rendre comme une vibration de l’air sous la chaleur. On sent que l’artiste appréciait Gauguin. Comme chez ce grand maître, l’exotisme n’est jamais le prétexte, mais il transcende l’œuvre, il la traverse et lui donne sa couleur particulière [2].

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Scène africaine.
Photo M. Heilig
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Photo M. Heilig
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Scène africaine.
Photo A. Guiilotin

Dans la crypte de l’abbatiale d’Andlau, Eugène Woelffel a réalisé des peintures qui retracent la vie de Ste Richarde. Cette fois, il adopte un style qui rappelle l’art médiéval des enluminures.

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Vie de Ste Richarde. Andlau.
Photo J.-M. Guillaume
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Vie de Ste Richarde. Andlau.
Photo J.-M. Guillaume
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Vie de Ste Richarde. Andlau.
Photo J.-M. Guillaume
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Vie de Ste Richarde. Andlau.
Photo J.-M. Guillaume

[1] Nous remercions Mme Agnès Guillotin, nièce du P. Woelffel, de nous avoir aimablement envoyé des photos des œuvres qu’elle possède.

[2] Il expliquera cela dans un article, L’art nègre et nous, qu’il publia dans Ralliement en 1966.

Publié le 17 mai 2007 par Marc Heilig