Le Père Hubert Grieneisen (10. 9. 1910 -10. 6. 2002) (suite)

La famille du Père Hubert, la municipalité de Carspach et la communauté de paroisses d’Altkirch ont organisé le dimanche 24 octobre dans son vilage natal : une journée missionnaire pour célébrer le centenaire de naissance de cette grande figure sma du Sundgau. Voici la suite de la biographie rédigée par le Père Jérôme Fleck.

Le premier congé

Après un séjour de 10 ans en Afrique, le Père part en congé en mai 1946. La mission compte alors une population approximative de 12 000 habitants, 918 chrétiens et 914 catéchumènes, 41 villages visités et 41 chapelles. Le Père passe une année en France pour se refaire une santé. C’est une année d’épreuves pour lui : en janvier il perd sa mère et en repartant en mission, il laisse son père gravement malade. Il embarque à Marseille avec le Père Vonwil, le 27 juin 1947. « J’ai appris la nouvelle du décès de mon père sur le bateau. C’est le Père Vonwil qui avec ménagement m’a préparé à la nouvelle… La réception si cordiale à Tankessé a été attristée, car à mon arrivée, j’ai trouvé la lettre de mon frère Eugène me relatant les derniers instants et l’enterrement. Mais les chrétiens ont pris une grande part à mon deuil… ». Le Père a également été touché par « la fraternelle sympathie du Père Provincial ». Il lui écrit : « Je vous remercie d’avoir voulu accepter le douloureux devoir d’accompagner mon papa pour la dernière fois ».

Les collaborateurs

Le Père Hubert a travaillé plus de cinquante ans à Tankessé et ce village lui doit beaucoup. Le témoignage d’un des premiers chrétiens le reconnaît : « Le Père Hubert se mit à la disposition de tout le monde. Il nous apprenait le catéchisme et soignait les malades : chrétiens et païens. Il parcourait les autres villages pour prêcher et soulager les malades. Il créa et réorganisa les écoles. Les moniteurs étaient bien suivis. Il mettait de force les enfants à l’école, surtout les garçons. Je voudrais dire que le père était certes un religieux, mais il était aussi notre administrateur, notre médecin, notre ingénieur ».

Dans ces multiples occupations, le Père Hubert était activement soutenu par de nombreux jeunes missionnaires qu’il a initiés à la pastorale missionnaire. Le livret : « Cinquantenaire de la Paroisse de Tankessé », réalisé par les Tanois sous la direction de Léon Koffi, nous donne des renseignements précis et bien ciblés sur la communauté paroissiale. Nous y puiserons abondamment .

Le Père Pierre Romaniak séjourne à Tankessé du 2.12.1950 au 10.4.1958. En 1959, le Père revient pour un 2e séjour, jusqu’à son installation à Koun-Abronso, en 1961. Le Père Bernard Hiller ne reste que quelques mois, du 5 novembre 1958 au 3 avril 1959. Les Pères Jean-Jacques Andres, Pierre Schalk, Rolf Roth font des séjours de 2 à 3 ans.

Jean-Paul Eschlimann

Le Père Jean-Paul Eschlimann s’investit durant 17 ans, de septembre 1970 à octobre 1987. Comme le jeune Père résidait dans les villages pour l‘étude de la langue et des coutumes et pour expérimenter de nouvelles formes de présence et d‘évangélisation, le Père Grieneisen se retrouvait souvent seul au centre. D‘un commun accord avec Mgr Eugène Abissa Kouakou, il fut décidé de porter le nombre des membres de l‘équipe à trois, pour qu‘il y en ait toujours deux ensemble au centre.

Ce fut l‘occasion de l‘arrivée des Pères italiens à Tankessé. Le premier fut Gianfranco Brignone, arrivé en 1972, qui resta six ans et marqua profondément la mission par son dynamisme et ses compétences de tous ordres, avant d’assurer un long service en Italie. Il fut remplacé par Renzo Mandirola, qui devint par la suite Provincial d’Italie, puis conseiller et vicaire général de la SMA. Et le Père Hubert ne fut pas peu fier de la promotion de ses vicaires. Le dernier Italien en poste à Tankessé fut Marco Prada, qui y passa également six ans. Le relais des Pères SMA fut ensuite assuré par les Abbés Agnis, dont le premier se nomma Bernard Amalaman. (à suivre)

Publié le 18 février 2011 par Jérôme Fleck