Le Sacrement du Corps et du Sang du Christ. L’aujourd’hui du Saint Sacrement.

A partir des textes du dimanche du Saint Sacrement de l’année B, 14 juin 2009 :
1e lecture : Ex 24, 3-8.
2e lecture : Hb 9, 11-15.
Evangile : Mc 14, 12-16.22-26.

Chaque célébration eucharistique n’est-elle pas commémoration de la présence du Christ avec les hommes ? Dans le contexte de la célébration de la pâque juive, Jésus se donne dans les espèces du pain et du vin en sacrifice pour le salut des hommes : Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude [1] ». Conformément à sa volonté, les disciples perpétuent cette tradition qui inaugure la nouvelle Alliance en son Corps et en son Sang. Par cette grande tradition, l’Eglise fait mémoire du Christ, comme le rappelle saint Paul à la communauté de Corinthe [2]. Il ne s’agit pas du sang de jeunes taureaux comme dans l’alliance conclue avec Israël par Moïse, mais bien davantage du Christ lui-même, le Fils de Dieu en personne.

L’auteur de la lettre aux Hébreux compare quant à lui les deux régimes. Il mesure les limites des bienfaits accordés par l’ancienne alliance fondée sur le sang d’animaux. Bien plus que ce régime temporaire qui rendait à l’homme la pureté extérieure dont il avait besoin pour célébrer le culte de Dieu, le sang du Christ purifie et donne la vie : Poussé par l’Esprit éternel, Jésus s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache ; et son sang purifiera notre conscience des actes qui mènent à la mort pour que nous puissions célébrer le culte du Dieu vivant [3]. Le Christ ne se conforme pas seulement à de vieux rituels qu’il essaie de reproduire avec fidélité, mais il ouvre une nouvelle voie vers Dieu. Il permet ainsi la réalisation du sacrifice vétérotestamentaire dont le repas eucharistique est le mémorial.

Il est intéressant de remarquer que l’institution de l’eucharistie se situe entre l’entrée de Jésus à Jérusalem et la passion. D’un côté, il est acclamé en sa qualité de Fils de David ; de l’autre, il est soumis aux affres d’une mort infâme. Le don que le Christ fait de sa vie pour le salut des hommes permet de réconcilier les contradictions apparentes qui caractérisent notre existence humaine. Par ce don, il réalise en effet l’harmonie qui est nécessaire au plein épanouissement de l’homme. Dans les différentes circonstances qui marquent notre vie de foi, l’Eucharistie nous rappelle la présence du Christ au cœur de notre existence. Cette conviction est rendue par le Concile Vatican II lorsqu’il proclame que l’Eucharistie est le sommet auquel tend l’action de l’Eglise, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu [4]. En ce sens, participer à une célébration eucharistique ne relève pas d’une routine. Elle engage par contre l’homme à vivre de la présence de Dieu. Il s’agit pour chaque homme de le reconnaître dans les fragments de sa vie. Il est en chacun de nous dans l’aujourd’hui de notre vie. Il se donne gratuitement et sans réserve. Il nous invite à l’imiter dans sa générosité.

Célébrer le Corps et le Sang du Christ, c’est témoigner de la présence du Christ et vivre l’aujourd’hui de Dieu.

[1] Mc 14, 22-24.

[2] 1 Co 11, 23-25.

[3] Hb 9, 14.

[4] Vatican II, Constitution Sacrosanctum Concilium n° 10, Montréal & Paris, FIDES, 1967, p. 132.

Publié le 15 juin 2009 par Nestor Nongo Aziagbia