Le chemin de l’intelligence

A partir des textes du 20ième dimanche ordinaire de l’année B, 16 août 2009.
Textes : Prov 9, 1-6 ; Eph 5, 15-20 ; Jn 6, 51-58.

« Quittez votre folie et vous vivrez, suivez le chemin de l’intelligence [1]. » Le livre des Proverbes n’explicite pas davantage la nature de cette folie et en quoi consiste l’intelligence sauf qu’elle est identifiée à la sagesse. Toutefois, avec saint Paul, on peut se permettre de dire que la sagesse est une manière d’être et de se comporter dans le Christ : « Ne soyez donc pas irréfléchis, mais comprenez bien quelle est la volonté du Seigneur. Ne vous enivrez pas, car le vin porte à la débauche. Laissez-vous plutôt remplir par l’Esprit Saint [2]. » Il ne fait pas de doute que l’apôtre oppose deux conceptions de vie et deux regards différenciés sur l’expérience humaine. A ce qu’on conviendrait d’appeler la morale mondaine, il oppose la vie dans l’Esprit Saint.

Le vivre chrétien n’est pas question de débauche, de beuverie, et d’inconduite morale, qui avilissent l’homme et le rapetissent. Bien au contraire la sagesse dont les vertus sont exaltées par les Proverbes est un chemin de vie, une attitude de louange dans laquelle l’homme ne cesse de rendre grâce à Dieu et de chanter ses merveilles. « Chantez le Seigneur et célébrez-le de tout votre cœur. A tout moment et pour toutes choses, rendez grâce à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ [3]. » Bien avant, le psalmiste en avait fait un principe de vie : « Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres [4]. »

Au-delà de la louange, la sagesse inspire la crainte du Seigneur qui se distingue de la peur que tout homme peut éprouver face aux fléaux de la nature ou aux attaques de l’ennemi. Dans le langage biblique, la crainte renvoie assez généralement à la reconnaissance de la majesté de Dieu, à l’expression de foi qui établit l’homme dans une attitude de confiance et d’assurance. « Au total, la crainte de Dieu peut être comprise en un sens assez large et assez profond pour s’identifier à la religion tout court. Le Deutéronome l’associe déjà de façon caractéristique à l’amour de Dieu, à l’observation de ses commandements, à son service [5], tandis qu’Is 11, 2 y voit un des fruits de l’Esprit de Dieu [6]. »

La sagesse à laquelle nous exhorte la liturgie apparaît davantage comme notre enracinement dans l’amour de Dieu qui nous porte et nous fait vivre. Pour le baptisé, vivre de la sagesse divine, c’est se conformer à la volonté de celui qui l’appelle à s’émanciper et à s’épanouir en son amour tout en évitant ce qui peut l’enfermer sur lui-même et le couper de ses frères et sœurs. Dans notre aspiration à vivre, saurons-nous écouter la voix de Dieu qui nous interpelle ?

[1] Prov 9, 6.

[2] Eph 5, 17-18.

[3] Eph 5, 20.

[4] Ps 33, 2.

[5] Dt 6, 2.5.13.

[6] VTB, col. 170.

Publié le 17 août 2009 par Nestor Nongo Aziagbia