Le jour où Brésillac a trouvé un hébergeur…

27 mars 1842, jour de Pâques. Cette date a laissé des traces dans la vie de Brésillac. Ce jour, « haec dies [1] », le lapin de Pâques ne s’est pas égaré à Paris, rue du Bac, mais la grâce de Pâques, telle une rosée printanière, « une rosée vivifiante [2] » a envahi et purifié l’esprit de Brésillac.

Il est tout à la joie. Il est à la veille de son départ pour l’Inde, il sort d’une retraite qu’il s’est imposée. Avec crainte et tremblement, il se tourne vers son Dieu, parce qu’il part pour une mission qui sort de l’ordinaire. « Ô Dieu, faîtes que je sois un missionnaire selon votre cœur [3]. » Sa disponibilité intérieure le presse à rédiger dans la foulée ses résolutions. Je retiens celle qui coiffe toutes les autres : « Etre missionnaire du fond du cœur » … mais d’un cœur selon Dieu.

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Iddapady, où Brésillac aimait se mettre au vert.
Photo M. Schneider

Brésillac prend une option vitale, il choisit le cœur de Dieu qui saura apprivoiser son cœur. Et le cœur de Dieu de devenir son hébergeur ! Le cœur de Dieu… un espace de stockage, accessible, sécurisé et évolutif où il pourra « laisser son cœur se dilater dans le cœur de Dieu. » En conjuguant « du fond du cœur », nous pouvons esquisser le portait du missionnaire selon Brésillac.

« Ô Dieu, enflammez notre cœur de zèle… donnez-nous un zèle ferme, constant, fervent, mais toujours accompagné de science, de prudence et de sagesse [4]. » « Allons comme de vrais apôtres, pleins de joie, pleins de zèle, pleins de courage [5]. »

Brésillac avait pressenti que son cœur ne pouvait trouver le repos que dans le cœur de Dieu. Dans le cœur de Dieu, ses projets ont été dépollués pour rechercher prioritairement la volonté de Dieu, de préférence à sa propre volonté.

Terre d’Afrique juin 2009

[1] Psaume 117.

[2] Is. 26.19.

[3] Souv. p. 78.

[4] Retraite aux missionnaires p. 219.

[5] Ibid., p. 238.

Publié le 16 juin 2009 par Marcel Schneider