Les Mémoires du Père Charles Roesch (1e partie)

Les débuts du collège St-Joseph

Le 3 novembre 1948, après avoir organisé un concours d’entrée auquel se sont présentés 231 candidats, le Collège St. Joseph ouvrit ses portes avec deux classes de 6e, chacune de 30 élèves. En attendant que les bâtiments définitifs soient construits à Tokoin, les cours débutèrent provisoirement au rez-de-chaussée du bâtiment face à l’évêché, près de la cathédrale. A l’étage habitaient le P. Riegert Aloyse, directeur national des écoles de la mission catholique et le P. Folmer Jean-Baptiste, professeur de français et de latin. A l’évêché, au 3e étage, logeait Mgr Strebler ; au 2e étage, le P. Noël Louis, le premier directeur du Collège Saint-Joseph, le P. Koelz Aloïse, nouveau curé de la paroisse Sacré-Cœur de Jésus de la Cathédrale, le P. Erhard Georges, vicaire à partir de 1949, et le P. Kwakume Henri, professeur d’anglais. A Amutivé, le P. Steiner Frédéric était curé de la paroisse St Augustin, avec pour vicaire le P. Meyer Joseph, puis le P. Folmer Joseph.

Dès le début, le collège a fait un bon recrutement d’élèves. Des élèves jeunes et doués, qui avaient fait le primaire sans redoubler et obtenu le Certificat d’études. La direction sma a toujours suivi cette politique durant les 20 premières années de ce collège. Elle était nécessaire et permit d’éviter les redoublements de nos boursiers d’État, qui auraient perdu leur bourse ; elle nous assurait de bons résultats aux examens officiels.

Le Père Noël a introduit la liberté dans le collège en le faisant fonctionner sans surveillant général. Il n’y avait pas non plus de préfet de discipline : cela n’a été instauré qu’en 1968 avec l’arrivée du Père Dovi. Les élèves de chaque classe élisaient parmi eux un major qui assurait la discipline. On pouvait les laisser seuls : ils travaillaient, faisaient leur devoir en silence. Ces enfants comprenaient et appréciaient leur chance de faire de bonnes études. Cette manière de faire a fait l’étonnement de bien des éducateurs et chefs d’établissement.

A la rentrée 1949, sur la colline de Tokouin, le rez-de-chaussée du bâtiment principal était terminé. Les deux classes de 6e et les deux de 5e ont pu fonctionner sans problèmes dans ces locaux tout neufs, pendant que le P. Furst Joseph construisait le premier étage avec son équipe. A la rentrée 1950, le premier étage était achevé et l’on put aménager des chambres pour les professeurs.
Période héroïque où les promotions 1948-1949-1950 emménagèrent donc dans une partie des actuels bâtiments de Saint-Joseph... sous l’œil vigilant du P. Louis Noël, premier supérieur du Collège [1].

Alors commencèrent les travaux de la 2e tranche. Face à l’aile droite, côté est, on construisit une grande salle à charpente métallique. Cela comprenait en façade sud un appartement qu’occupa le Père Furst durant les travaux et qui servit ensuite de dortoir pour les internes, puis de salle des fêtes pour les distributions des prix. Puis on bâtit un bâtiment de trois classes qui servit, dans un premier temps, de réfectoire des internes. Du côté ouest, on éleva une belle et grande chapelle à charpente métallique. A la suite venait un autre bâtiment de deux classes et un appartement de professeur, éventuellement d’évêque. Ces bâtiments, en se faisant face parallèlement, délimitaient la cour intérieure. Les cuisinières africaines préparaient la nourriture pour les internes sous un apatam, derrière la grande salle sur la cour, près d’un hangar métallique où était stocké du matériel de construction.

[1] Edouard Kodjo, dans le numéro spécial Echo Jona, paru en 1973 à l’occasion du 25e anniversaire du Collège.

[2] L’université, les lycées et collèges et l’extension de l’enseignement, surtout depuis les années 60-70, rendent cela plus aisé de nos jours.

[3] A l’occasion du jubilé du 25ème anniversaire du Collège, en 1973, dans le numéro spécial Echo Jona, M. Edouard Kodjo nous livre, en guise d’éditorial, un portrait de certains de ces premiers professeurs. M Salako Sylvanus, de la première promotion, ancien inspecteur primaire et directeur de l’office du Baccalauréat, leur rend hommage à son tour dans son discours académique lors du 50e anniversaire, en 1998.

[4] Salako Sylvanus.

[5] Edouard Kodjo.

[6] Salako Sylvanus.

[7] Edouard Kodjo.

[8] Salako Sylvanus.

[9] Premier directeur de cette école, de décembre 1943 au début 1947, le P. Franck a ainsi préparé la première promotion des maîtres catholiques, la scolarité étant de trois ans.

[10] Salako Sylvanus.

[11] Salako Sylvanus

[12] Edouard Kogjo.

[13] Il était resté seul car le P. Meyer Joseph était parti en congé.

[14] Edouard Kogjo.

[15] Présence Chrétienne n° 219, Lomé,29 juin 1969.

Publié le 15 mars 2009 par Charles Roesch