Les effets du baptême

Baptême du Seigneur (c)
Textes : Is 40, 1-5.9-11 ; Tt 2, 11-14 ; 3, 4-7 ; Lc 3, 15-16.21-22

Baptisés pour la plupart dès l’enfance dans les premières années de notre naissance, nous n’avons pas vraiment eu le temps de nous approprier la démarche qui a abouti à notre baptême. D’ailleurs la question ne se pose même pas. Cette démarche relève, somme toute, de la responsabilité des parents et de la communauté paroissiale qui s’engagent à éveiller l’enfant à la foi en Jésus. Toutefois beaucoup ont ratifié le choix qui a été fait par leurs parents en y souscrivant personnellement. Aussi le baptême de Jésus nous donne l’occasion de revenir sur les effets de ce sacrement dans notre vie.

Dans l’ordre des grâces reçues de Dieu en Jésus Christ, le baptême nous incorpore dans l’Eglise. Il fait de nous, en Jésus Christ, les enfants de Dieu. Chacun peut alors faire sienne la voix qui se fit entendre le jour du baptême de Jésus : « C’est toi mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour [1] ». Quelle belle déclaration d’amour, pouvons-nous nous extasier ! A ce baptême, saint Luc nous le rappelle, « l’Esprit Saint descendit sur Jésus, sous une apparence corporelle, comme une colombe [2] ». La présence divine qui habite désormais Jésus, l’investit aussi d’une mission spécifique auprès de ses frères. Il suffit de se reporter à son discours programmatique pour s’en convaincre : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur [3] ». Cette mission qui lui est dévolue, relève l’attribut du Roi-Messie, tant annoncé par les prophètes et attendu avec ferveur par tout le peuple. Dans l’annonce du Fils bien-aimé, Jésus est révélé comme celui qui vient réaliser, en sa personne, toutes les prophéties de Dieu en faveur de l’homme. Il est par ailleurs désigné comme le Fils de Dieu qui vient sauver le peuple de ses péchés et lui accorder l’abondance de la vie. En effet saint Paul ne s’est guère trompé lorsqu’il rappelait les effets des grâces du baptême à son ami Tite : « Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien… Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint [4] ».

A quoi le baptême nous engage-t-il aujourd’hui à la suite du Christ ? Le souvenir de ce sacrement est si lointain que nous faisons bien souvent difficilement le lien avec notre vie de chaque jour. Et pourtant le moment est venu de rechercher les échos ou les résonnances du baptême dans le quotidien de notre vie et dans les menues expériences que nous ne cessons de vivre. La célébration du baptême de Jésus est un défi qui nous est lancé, celui de renouveler le feu de l’Esprit qui nous habite et qui nous fait entrer en communication avec le Père. Dans la fragilité de notre vie d’enfant de Dieu et dans les égarements qui nous caractérisent, l’essentiel consiste à laisser transparaître ce qui est apparu de Dieu dans notre vie.

[1] (Lc 3, 22b.

[2] Lc 3, 22a.

[3] Lc 4, 18-19

[4] Tt 2, 13-14 ; 3, 5b.

Publié le 11 janvier 2010 par Nestor Nongo Aziagbia