Les exigences de la Loi

6ième dimanche ordinaire
Textes : Si 15, 15-20 ; 1 Co 2, 6-10 ; Mt 5, 17-37

Toute société est structurée autour des normes spécifiques qui régulent les rapports entre ses différents membres. C’est la notion de la loi qui définit un code de conduite propre à un ensemble de personnes qui partagent des intérêts communs. En effet, la loi établit des critères de reconnaissance mutuelle et favorise la communion entre les hommes. Toutefois certains de ces objectifs sont contestés au motif que la loi est contraignante et qu’elle n’est pas toujours juste. Elle apparaît davantage comme un ensemble d’interdits qui s’imposent à l’homme et le conditionnent dans l’exercice de sa liberté. C’est ainsi que quelques jeunes de notre communauté de paroisses exprimaient dans le Lien du mois de décembre leur ras-le-bol d’être toujours soumis aux exigences de leurs parents. Ils souhaitaient alors s’en libérer.

Contre ces craintes qui habitent l’homme et peuvent le vider de toute sa substance, force est néanmoins de constater que la liberté met en valeur la responsabilité humaine. Car la faculté dont les hommes sont gratifiés n’est pas licence à pécher, mais habilitation à adhérer de son plein gré, et non pas sous la crainte, au seul chemin qui vaille. L’homme se trouve ainsi confronté à un choix qui peut le mener aussi bien à la vie qu’à la mort : « Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu : étends la main vers ce que tu préfères. La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix [1] ».

Dans ce contexte de choix, Jésus remue nos vieilles convictions quant au sens profond de la Loi, qui n’est plus un code de règles à respecter pour être en ordre. Ainsi personne ne pourra chercher son autosatisfaction dans l’observation de la Loi. Elle est, plus que jamais, Parole de vie. Elle éclaire les pas de l’homme. Elle est source de bonheur pour qui se conforme à la volonté de Dieu. Dès que le mot a été lâché, on ne peut s’empêcher de se demander : « Qu’est-ce que c’est que le bonheur ? Comment y parvient-on ? » Telles sont les importantes questions que la liturgie de ce 6ième dimanche nous adresse.

Le récit de Ben Sirac le Sage et l’extrait du psaume 118 rappellent que le véritable bonheur ne saurait se réaliser que dans la quête incessante de Dieu. Celle-ci ne renferme pas l’homme dans ses propres désirs. Bien au contraire ! Elle éveille en chaque croyant l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Cet amour ne se satisfait pas seulement d’un légalisme formel. Jésus indique en effet à ceux qui marchent à sa suite une tout autre voie de bonheur. Il a substitué aux exigences du légalisme celles de l’amour et dépasse ainsi un strict cadre légal. Mieux encore il provoque ses disciples à se transcender, à aller au bout d’eux-mêmes et à se donner à fond.

L’obéissance à laquelle la Parole de Dieu nous exhorte aujourd’hui est un engagement à marcher dans la lumière du Christ qui donne sens à notre vie. Tout en répondant avec la cohérence de sa vie et la constance d’un choix assumé au nom de sa foi, le croyant trouve en Dieu son bonheur et son épanouissement. Arpentons donc ce chemin de liberté que le Seigneur propose à ceux qui sont attentifs à ses instructions et qu’il appelle à la Vie nouvelle en son Fils Jésus-Christ.

[1] Si 15, 15-17.

Publié le 16 février 2011 par Nestor Nongo Aziagbia