Lumière des nations

2ième dimanche ordinaire
Textes : Is 49, 3.5-6 ; I Co 1, 1-3 ; Jn 1, 29-34

La liturgie de la Parole donne aujourd’hui l’impression de prolonger la fête du baptême du Seigneur que nous avons célébrée dimanche dernier. Une voix venue du ciel se fit entendre. Son retentissement était certes imposant. Elle révélait Jésus comme le Fils de Dieu : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour [1] ». Jean-Baptiste se situe dans la même logique de révélation lorsqu’il désigne Jésus comme « l’Agneau » et « le Fils de Dieu ». Le destin de celui-ci, qui s’est enfoui dans l’ordinaire de la vie humaine, est ainsi porté à la connaissance de tous. Il est intéressant de remarquer que la divinité de Jésus a été démasquée alors qu’il s’identifiait aux hommes. C’est dans la manifestation de sa solidarité aux humains que Jean-Baptiste a reconnu le Fils de Dieu qui vient enlever le péché du monde. Jésus a exprimé cette solidarité à l’égard des hommes en demandant le baptême de conversion des mains de son cousin. Dans cet effacement, il a été reconnu pour ce qu’il est vraiment, le Fils de Dieu.

Le destin de cet Homme-Dieu semble être tracé d’avance. Guidé par l’Esprit Saint, il porte le salut de Dieu aux hommes dont il a été constitué la lumière. C’est en effet la mission que le Seigneur reconnaît à son serviteur à travers la prophétie d’Isaïe : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d’Israël : je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre [2] ». Cette mission qui échoit au Fils de Dieu est toute indiquée : être la lumière du monde. Elle rappelle l’exhortation que Jésus a faite à ses disciples dans l’évangile selon saint Mathieu : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux [3] ».

Jésus est en effet celui qui conduit les hommes vers le Père. Il les rassemble dans la fidélité à l’alliance. Dans ce contexte, venir à la lumière engage profondément l’homme dans les différents choix qu’il pose. Cette démarche n’est pas anodine. Elle comporte une dimension existentielle, d’autant plus qu’elle invite à adopter la vie des ressuscités.

Vivre en ressuscité désigne une attitude de fidélité à Dieu qui caractérise l’homme dans les différentes circonstances de son existence humaine. Face à cette Bonne Nouvelle, comment ne pas vivre dans l’espérance et croire en la réalisation du salut apporté par Dieu ? Illuminés par une inébranlable confiance en ce Dieu qui, depuis les extrémités de la terre, rassemble ses enfants pour en faire un peuple, ceux qui marchent dans la lumière du Christ sont appelés à vivre de la vie nouvelle des enfants de Dieu. Comme le rappelle saint Paul aux Corinthiens, ils sont appelés à la sainteté dans le Christ Jésus. Au-delà de la désespérance, cette nouvelle vie transforme nos malheurs en source de joie. Aussi, vivre en ressuscité et être la lumière du monde, c’est rayonner de la profonde espérance qui habite l’homme et en fait un témoin de la grâce de Dieu.

[1] Mt 3, 17.

[2] Is 49, 6.

[3] Mt 5, 14-16.

Publié le 17 janvier 2011 par Nestor Nongo Aziagbia