Noël ? Ce que j’en pense…

Sommes-nous éclairés, illuminés… ou éblouis ? Ne nous laissons pas égarer par d’inutiles lumières.

Jésus est né une nuit, à la seule lumière des étoiles… L’une d’elles, d’ailleurs, était déjà en route pour ramener les trois Mages. D’après les traditions de ces régions, une étoile montait dans le ciel lorsqu’un enfant-roi naissait. Jésus était donc roi. Il est pourtant né à la campagne, parmi les pauvres de l’époque, marginaux et bergers, sans lumières ni musique. Non ! Je me trompe ! Le ciel s’est illuminé à minuit, les anges ont chanté et les bergers dansé… Bonne ambiance !

Ce Jésus, né nuitamment dans une grotte, a-t-il encore une chance aujourd’hui, face aux « Pères Noël » de nos supermarchés ? Il n’offre pas de cadeaux, lui… Mais nous, n’offrons-nous pas les nôtres au nom de ce Jésus de la crèche ? Seulement, en cette nuit sainte, nous oublions de le dire à nos bambins. Et je me pose la question : pourquoi, au fil des ans, l’enfant de la crèche est-il devenu ce vieillard bedonnant à la barbe blanche qui hante nos rues ?

Noël sera toujours la fête de l’attente. La fête d’un désir à combler, d’un cadeau à faire, d’un étranger à accueillir… C’est le temps d’une béance, d’un impossible projet, d’une utopie peut-être. Alors, laissons nos enfants à leurs rêves et n’en faisons pas trop tôt, ni trop vite, des consommateurs affamés qui se bourrent de tout et n’importe quoi…

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La Nativité sur un batik africain.
Photo Jean-Pierre Frey

Et nous, respectables adultes éclairés, restons encore quelque temps parmi les « naïfs », capables de s’émerveiller devant un ciel nocturne tapissé d’étoiles. Je me demande si ces « traders » qui nous ont allègrement vendus ont jamais regardé un ciel étoilé… Le peuvent-ils encore ? Il est vrai que même les ciels étoilés se font rares de nos jours, avec toutes les nuisances lumineuses qui les inondent.

En cette période, il y a tant de choses autour de nous pour combler nos désirs, alors que même l’auberge commune refusait à un enfant un endroit où naître. Il lui reste au moins une place dans notre cœur ou dans notre vie. Il ne faudrait pas que cette fête reste sans lendemain. Car finalement, la vraie crèche ne serait-elle pas celle du cœur, qui attend les scintillements d’une étoile quelque part, comme ces Mages de l’Orient ? Vous me direz que même cet Orient n’existe peut-être plus… L’or noir l’a bouffé !

Au-delà de la montagne de cadeaux que j’ai reçus, je ne puis enlever de ma tête ce « rêve » de Noël qui me poursuit et me dit : « il te manque toujours une chose que toi seul peux trouver… Le vrai sens de ta vie et de sa plénitude. Le Verbe est venu pour faire de toi un être nouveau, une fois de plus. Non pas pour toi-même, mais pour les autres, pour ces hommes qu’on appelait dans le temps hommes de bonne volonté. Ils laissèrent tout pour le suivre, à commencer par les bergers qui ont suivi la voix d’un ange. Et les Mages aussi, qui suivirent le cours d’une étoile. Alors lève-toi et suis, même si la nuit est encore noire. Tôt ou tard, elle sera illuminée. »

…Et ta marche ne pourra jamais être solitaire car Noël est la fête de l’autre. Il faut aller le rejoindre, surtout le plus éloigné, pour en faire un frère, berger ou Roi Mage…

Publié le 17 février 2011 par Jean-Pierre Frey