Nouvelle évangélisation chez les Senoufo. A l’épreuve de la double pratique religieuse

C’est le titre de la thèse que l’abbé Coulibaly Kalari Germain, du diocèse de Katiola, a soutenue avec succès le 22 septembre 2010 au Palais Universitaire de la Faculté de théologie catholique de Strasbourg. Notre confrère Jacques Varoqui, lui-même Docteur d’Etat, était un des membres du jury. Nous félicitons le nouveau Docteur et sommes heureux de pouvoir vous donner ci-dessous le résumé de sa thèse.

« Le 17 octobre 2009, l’Église de Katiola en Côte d’Ivoire fêtait ses cent ans d’évangélisation. Une belle occasion de remercier Dieu, mais aussi les pionniers de la mission d’évangélisation, les Pères venus d’Europe, pour la plupart de la Société des Missions Africaines de Lyon et d’Alsace. S’il faut se féliciter de la fréquentation massive des églises d’Afrique, et chez les Senoufo en particulier, comme signe d’accueil de l’Évangile, un phénomène a été constaté : la double pratique religieuse. La plupart des chrétiens senoufo sont à la messe le dimanche et le vendredi aux adorations de génies et d’esprits dits protecteurs. Cette double pratique oblige à une nouvelle évangélisation face au poids de la tradition senoufo et à la violence des épreuves de la vie.

L’ancien modèle épervier, qui lui-même s’est substitué au vieux modèle missionnaire de la tabula rasa, a consisté à faire le maximum de chrétiens sans que leur formation soit vraiment assurée. Pour optimiser ces résultats, il serait bon de réinventer un nouveau modèle fixé sur la Personne du Christ et qui aide à découvrir et accepter le sens de la vie, de la souffrance, des problèmes, des épreuves, de la mort... Trouver un nouveau modèle d’évangélisation, c’est assurément s’orienter vers une libération du Senoufo de la soumission aux esprits et puissances inférieures, de l’angoisse de manquer de tout, de la peur des jaloux, de l’inconnu ainsi que des sorciers.

Cette nouvelle méthode de la libération apprendra au Senoufo chrétien un discernement dans sa vie de chaque jour afin d’être responsable devant ses choix avec pour seule conviction la foi au Christ, seul libérateur. »

Publié le 17 février 2011 par Germain Coulibaly Kalari