Ouverture de l’année Eugène Woelffel et accueil de dix nouveaux membres d’honneur SMA

Dimanche particulièrement festif, le 11 octobre dernier, aux Missions Africaines à Saint-Pierre ! La chapelle St-Jean-Baptiste accueillait une belle assemblée de membres et d’amis de la SMA pour une célébration marquée par trois temps forts : l’envoi de la Semaine missionnaire universelle 2009, l’accueil de dix nouveaux membres honoraires de la Société des Missions Africaines et la présentation d’une rétrospective de l’importante œuvre picturale et graphique laissée par le Père SMA alsacien Eugène Woelffel, dont le centenaire de la naissance sera fêté en 2010 [1].

Le district SMA de Strasbourg ayant choisi de placer l’année 2010 sous le signe du diptyque « l’art et la mission » illustré en particulier par la vie et l’œuvre du Père Woelffel, à la fois missionnaire et artiste peintre qui nous a quittés en 1992, le supérieur de district Jean-Paul Eschlimann avait invité un neveu d’Eugène Woelffel, le Père dominicain de l’ordre des Frères prêcheurs Gérard Eschbach, à venir de Paris présider l’office solennel concélébré par une bonne quinzaine de Pères SMA, dont le supérieur de district Jean-Paul Eschlimann et son adjoint Marcel Schneider.

Le Père Francis Kuntz a accompagné à l’harmonium l’assemblée qui a rehaussé la célébration par des chants de circonstance appelant les chrétiens à s’engager à la suite du Christ et à travailler dans son « grand champ à moissonner » et sa « vigne à vendanger ». S’appuyant sur l’évangile du jour selon saint Marc où Jésus exhorte – sans succès - un homme à ne pas se contenter de respecter les dix commandements mais à abandonner tout ce qu’il possède et à le suivre, le Père Eschbach, dans son prêche, s’est attaché à rappeler aux chrétiens toutes leurs responsabilités face au triple danger auquel s’expose aujourd’hui l’humanité dans son ensemble et la chrétienté en particulier : l’indifférence, le relativisme et le subjectivisme. Pour déjouer ce redoutable piège qui peut le précipiter dans la déchéance, l’homme doit bâtir sa vie et forger son destin sur les solides fondements de l’enseignement du Christ, notamment sur les valeurs essentielles et existentielles que sont l’ouverture vers et le respect de l’Autre, le partage avec et l’amour du prochain : « Ce que vous ferez à vos frères, c’est à moi que vous le ferez... » Et le Père Eschbach d’exprimer sa ferme foi que l’Esprit Saint poursuit son œuvre dans la conscience et le cœur des hommes pour continuer de susciter des vocations qui osent notamment l’aventure missionnaire, citant l’exemple de son oncle Eugène.

Un autre temps fort de la célébration a été l’accueil de dix nouveaux membres honoraires de la SMA. Le « provincial » Jean-Paul Eschlimann les a appelés individuellement ou par couple devant l’autel, a présenté leurs « états de service » depuis de longues années en faveur des Missions Africaines – chacun selon ses talents et ses capacités, dans les domaines les plus divers - et leur a remis le diplôme de membre honoraire, agrémenté d’un cadeau apprécié (une reproduction d’une peinture du Père Woelffel). Il s’agit des Francs-Comtois Jean et Bernadette Bouhelier (Besançon, Doubs), Jean-Baptiste et Carmen Zanchi (Exincourt, Doubs), du Nordiste Francis Fortrie (Pérenchies, Nord), des Bas-rhinois Adèle Furst (Obernai), Francis Vuillemin (Haguenau), Colette et Etienne Weibel (Marienthal) ainsi que du Lorrain Manfred Reppert (Tenteling, Moselle).

Dernier acte de cette matinée festive, la présentation par le Père Jacques Varoqui d’une sélection d’œuvres iconographiques et picturales du Père missionnaire et artiste Eugène Woelffel exposées dans la chapelle, en présence de parents et alliés de ce dernier qui, pour cette rétrospective du centenaire, ont bien voulu mettre à disposition les œuvres héritées et précieusement conservées, en plus de celles provenant du fonds des communautés de Pères SMA. « La beauté a toute sa place dans l’expérience religieuse. Eugène Woelffel l’a pressenti et mis en œuvre à sa manière », souligne le Père Eschlimann dans sa préface du catalogue de l’exposition. Et le Père Varoqui lui reconnaît dans son éditorial dans ce même catalogue « une capacité particulière à assimiler le contexte des arts et de la culture de son temps. Il a su à chaque moment de sa vie se forger une écriture iconographique en parfaite adéquation avec les exigences esthétiques » changeantes selon l’époque. Paysages belges pendant son noviciat à Chanly, alsaciens (notamment d’Andlau) au soir de sa vie, et des splendeurs du continent noir dans ses différentes missions au Togo, scènes de vie en Afrique fidèlement restituées, portraits très expressifs exaltant l’âme et l’espérance africaines, caricatures de confrères et d’hommes célèbres, scènes de vie bibliques dont une, l’Annonciation, a été choisie pour illustrer un des timbres édités par la Poste vaticane à l’occasion de l’année mariale 1987-88... : la production d’aquarelles et de dessins d’Eugène Woelffel est aussi foisonnante que variée.

Ralliement, novembre-décembre, n°6 - 2009

[1] L’exposition Eugène Woelffel se poursuit à la chapelle de Saint-Pierre jusque fin novembre. A partir du 1er décembre et pour plusieurs semaines, on pourra l’admirer dans la Chapelle des Missions Africaines de Haguenau. L’année Woelffel s’achèvera à Molsheim avec l’exposition des peintures et dessins originaux.

Publié le 10 novembre 2009 par Etienne Weibel